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 SIDI BEL ABBES

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guy61

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MessageSujet: SIDI BEL ABBES   2/5/2016, 09:39

LA VILLE DE MA JEUNESSE

>





En écoutant la chanson de Gérard Darmon « Les rues de ma jeunesse » mon petit fils m’ a demandé :



« Papy, pour toi aussi c’ était comme ça ? «



« Non pas tout à fait…. Quelques ressemblances, mais Darmon évoque sa jeunesse passée en France, alors que moi c’ était de l’ autre coté de la Méditerranée »



« Alors Toi, c’ était comment ? »



« Oh ! la la, Fils…. si je me mets à raconter… … Tu vas avoir des difficultés à suivre tellement c’ est différent de ce que tu connais. »



« Pourquoi ? vous viviez dans les arbres ? »



« Oh !!!T’es malade ou quoi, misérable que tu es, tu vas voir si, nous, nous vivions sur les arbres.

Tiens je vais te raconter comme ça…. comme ça me vient »



Dans la ville de mon enfance,

Les premières images que Je revois,

Ceux sont Les parents et l’ assurance qu ’ils m’ apportaient,

C’ est Dormir avec mon frère, dans le même lit, me racontant des histoires de fantômes qui m’ effrayaient,

La toilette dans l’ évier et une douche, le samedi, aux bains douches de la Fontaine Romaine tenus par Madame Chapel,

L’ école, avec ses jeux de billes de pignoles, et ses parties de foot sur le trottoir qui n’ en finissaient pas ,

Le dimanche, avec mon père, au stade Paul André, à supporter le Sporting, équipe créée, non à coups de millions, mais avec des gars de quartier- les Calatayud, Piou, Gros, Lacasa , fiers de porter les couleurs de la ville.



« Tu comprends ça ?... Non… forcément tu possèdes ta chambre, tes posters, ta chaîne Hi fi, ta console de jeux, ta douche tous les jours. »….



Et puis Je me souviens aussi

Qu à l’ heure de la sieste, pendant que les parents se reposaient,avec les copains, Jean Claude, François, Roger et Kader, on se « sauvait » pour aller nous baigner dans les eaux boueuses de la Mékerra ; pas de chichi, en slip en guise de maillot,le reste du linge gardé par un volontaire, et les défis de nous jeter du pont dans l’ eau, pour déconner, inconscient de la dangerosité de nos rigolades.

Et les concours que nous faisions, si tu nous avais vus, tous alignés à celui qui urinait le plus loin….Ouais, c’était n’ importe quoi Mais qu’est ce qu’on riait….



Des débiles , nous ? et toi et ta console Nintendo, t’ es pas débile avec tes personnages virtuel, sans parler de tes Pokemon...

Bon, Que puis-je te dire encore….



On n’ avait pas de télé, mais on se gavait de cinéma le dimanche après midi,des films en noir et blanc, des « cow-boys » en pagaille, des films d’ amour sage jusqu'au baiser final, les comiques Bud Abott et Costello, Fernandel.

Tiens… tu vois, toi, tu rigoles avec « les Ch’tis » et Gad Elmaleh, et bien nous, c’ était Fernandel et je te jure, rien qu'en le voyant sur l’ affiche, mort de rire nous étions et quand il chantait

« Ignace…Ignace…c’est un petit nom charmant. «

Pliés en deux nous étions.…..

Oui, la couleur est arrivée dans les années 50, Rita Hayworth, les fantasmes je te dis pas, la folie Bardot, plus belle femme du monde, et puis les films sur la révolte de la jeunesse : « L’ équipée sauvage » , les tricheurs,James Dean et sa fureur de vivre..

T’a raison, on n’ avait pas Harry Potter ni Spiderman, pas besoin d’ effets spéciaux, nous, pour rêver.

Suivirent les années ado…le collège, comme toi, mais sans portable, ni MP3 , ni ordinateur, on était studieux enfin ceux qui le voulaient, en revanche nous étions tous volontaires pour chahuter, déconner avec l’ insouciance de nos 16 ans…

Ah ! je te vois venir, tu veux que je te parle des filles,… ça t’ intéresse hein !…

Bon, A cette époque les filles étaient inaccessibles, pour draguer pas de tchates, ni textos, notre souci trouver un subterfuge pour se faire remarquer, un regard, un rendez vous, une promenade main dans la main et les étoiles on voyait. Puis les « boum », mais attention sans musique de zoulous ni danses à gesticuler d’une façon ridicule, non,… nous, c’ était enlacés, des slows … « only you »… nos premiers émois quand la poitrine naissante de notre copine effleurait notre torse, puis avec l’ aide d’ Elvis Presley nos premiers baisers et si on était très fort tout le bataclan suivait ..



« Qu’ as-tu à rigoler ? tu t’ moques ?

Allez, arrête de poser des questions…

Quoi ? …Pourquoi nous sommes partis ?

A ça ….Que puis-je te dire ?….

les gouvernements l’ont voulu….raisons politiques…

la guerre…

Et puis le sang a coulé….trop de sang…

Les communautés ne se sont plus comprises,

La peur…

c’était fini….

Alors la ville de mon enfance,

On l’ a quittée…

on l’a abandonnée….

Nous sommes tous partis….tous….

Seuls sont restés les oiseaux…

Seuls sont restés les arabes pour faire vivre le pays,

Seuls sont restés les souvenirs de notre enfance… »



« Allez, tu m’agaces avec tes questions,

Retourne à ton « Google «

Et laisse moi dans mon arbre… ».
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GIBET
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MessageSujet: Re: SIDI BEL ABBES   2/5/2016, 13:14

Merveilleux Guy et merci de cette transmission partagée ...mille mercis c'est ainsi que nous garderons l'Algérie!!
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klary
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MessageSujet: Re: SIDI BEL ABBES   4/5/2016, 11:24

"Comme tous les pays méditerranéens, l'Algérie était *terre de lumière*. Une lumière qui jetait très tôt les enfants de familles modestes dans les espaces de la vie au grand air dont le plus beau fleuron était*la rue"-H.Z.

Un jeu bien PN ...C'est mon ami Toinou qui nous l'explique...

***Il aurait pu s'appeler " le coeur sur la main", ou le "pilori"...
Initié par, ( je crois ), Anton Gomez.
Il ne nécessitait que :
Une balle de tennis
Un groupe de garnements, disons 5 .

Sur une bande de terre,devant un mur, et à un pas de celui ci( souvent au fin fond de la rue du chemin de fer, loin du regard paternel...).
On y fait 5 petits creux," les Maisons", chacun le sien, mais tous proches, voire " à touche- touche ", ( en soignant les courbes, les pentes,les bosses, pour en rendre l'accès moins aisé).
Tracé, souvent source de disputes ou d'arrangements complices.

On se met en ligne, à 4 pas des trous.
Le "lanceur", fait rouler la balle vers les creux, afin qu'elle tombe dans l'un d'eux .

Si il rate,... on le colle au "pilori"....

Mais,si la balle tombe dans un trou,
Celui à qui appartient le creux , (sa maison),
devient " Tireur", et doit pour la défendre,
courir , prendre la balle , et toucher l'un des 4 autres, qui eux, ont pris la "poudre d'escampette".

Si l'un d'eux est touché, il devient " Lanceur ".

Mais, Si personne n'est touché.
Le "Tireur", il se "mèje" tout seul, au "pilori".

Il doit se mettre face au mur , les bras en croix et chacun à son tour , se met derrière la ligne des 4 pas, et vise, une de ses mains ( de préférence , celle qui lui sert à tirer).

Accepter le supppppplice , sans broncher , en pensant à la vengeance future, qui est un plat qui se mange froid...

Y avez vous joué ?... ou j'en dépose le brevet, sous le nom de
" la ligne des 4 pas " ( pour pas faire peur aux parents).***

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Nos ennemis peuvent couper toutes les fleurs, mais ils ne seront jamais maîtres du printemps". Pablo Neruda
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GIBET
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MessageSujet: Re: SIDI BEL ABBES   4/5/2016, 13:01

Comme en Algérie mon Paris était un village.

Je connaissais bien Monsieur Pin. C'était un énorme gaillard tout en os et qui portait un tablier noir en cuir.

Mon père m'avait dit que ce fut le seul qui avait accepté, alors qu'il fallait amener sa bouteille de vin vide consignée pour en avoir une nouvelle, de lui vendre une bouteille pleine, sans reprise puisque mon père n'en avait pas, pour amorcer la série. 20ans après nous étions toujours clients chez lui. Je l'ai vu se plier à mesure que sa colonne vertébrale se déformait. Ainsi il était plus près de nous pour caresser nos joues d'un geste paternel !!

Moi j'étais un champion d'osselets et de billes. Je n'avais que des billes en terre et il fallait risquer de perdre 10 billes en terre contre une jolie bille multicolore en verre. Et je ne vous parle pas de gagner un calot. Nous mettions en place un petit commerce en s'appropriant chacun notre tour, comme banquier de bille, les grilles de protection de nos platanes parisiens.

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]

Il fallait lancer les billes à 2mètres de la grille en les faisant rouler. Bien sûr le "banquier" récupérait à son profit celles qui tombaient dans les cases les plus longues...mais payaient de 2à 5 billes celles qui s'rrêtaient dans les petits trous ronds. J'ai bien gagné ma vie de "billeurs" à ce commerce

Bien sûr il y eut parfois des contestations et le banquier avait alors intérêt à prendre son sac en toile et ses billes , si les plus grands venaient défendre les petits porteurs de blouses grises...puis noires!

Mon quartier c'était la rue Saint Lambert , ou la rue de la croix Nivert. On disait jamais "le 15è" car on n'en avait jamais connu la dimension !

Je me souviens qu'au retour des vacances de Pâques les arbres de l'avenue Pasteur s'étaient couverts de feuilles , quand la campagne les attendaient encore. C'est plus tard que je compris l'effet de réchauffement du sol avec le métro et le chauffage urbain. Moi j'ai toujours pensé que mon quartier fleurissait le premier parce que j'étais de la "capitale".  Après tout j'ai tellement été appelé "le parisien" dans ma campagne bretonne où on ne pouvait pas comprendre que mon village ...c'était mon quartier!

Nous étions alors en 1955 et je ne savais même pas, du haut de mes 8 ans, que la France avaient les mêmes villes françaises là-bas dans ce que j'entendis un jour de "guerre", appeler l'Algérie française!!

Je pense qu'alors nous étions tous proches , par nos jeux et l'innocence de notre génération.

En 1968 j'étais toujours parisien, mais étudiant du quartier latin , où je vis en pleurant abattre "mes" platanes de l'avenue Saint-Michel et arracher les pavés. Dessous il n'y avait pas la mer...tout juste du sable!!

Alors nous n'avons pas perdu que l'Algérie!!

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