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 1962 ANNEE DES HUMILIATIONS TEMOIGNAGE

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guy61

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MessageSujet: 1962 ANNEE DES HUMILIATIONS TEMOIGNAGE   6/3/2016, 14:57

Geneviève Leblanc-Astier
L’ANNEE DE TOUTES LES HUMILIATIONS
Eté 1962. Ce sont les vacances, avec leurs projets, pour les français de la « Métropole » comme
nous les appelions. Pour nous, Français d’Algérie –ou « Pieds Noirs » comme vous l’entendrez – il
marquait un exode, qui avait debuté deux mois plus tôt, depuis le 19 mars, journée dite du « Cessez
le feu ».
Je suis issue d’une famille française de souche provençale implantée dans un village de la Mitidja
en 1845. Notre vie s'était forgée là, à Souma; nous y avions une propriété de 50 hectares, transmise
d'une génération à l'autre et que mon père entretenait.
Mais là ne s'arrêtait pas son activité. Personnalité marquante de la région, parlant l'arabe comme sa
langue maternelle, il avait consacré 36 années de sa vie à notre commune dont il était le maire : 250
Européens, demeurant au village et dans les fermes et moulins à l'entour et 12.000 musulmans. Il
avait également fondé un dispensaire en 1935, oeuvre privée, l’oeuvre marquante de sa vie et dont le
rayonnement dépassait les limites de notre petite commune.
Ce dispensaire était un modèle, et je crois pouvoir dire que pratiquement tous les gouverneurs
généraux et « ministres résidents » se succédant à Alger sont venus le voir.
Comment oublier ce 24 juin, date de mon premier départ du sol natal. Le 18 mars, date de la
signature des accords d'Évian, nous laissait entrevoir la suite que l'on sait, et mes parents, comme
tant d'autres, voulaient mettre leurs enfants à l'abri.
J’ai quitté le village, ainsi que deux infirmières du dispensaire, accompagné de mon père. Une
quarantaine de kilomètres de route à faire avant d’atteindre l’aéroport de Maison Blanche.
L’atmosphère dans la voiture était lourde et la route empruntée, déserte. Le drapeau de l’ALN
(avant qu’il ne soit l’emblème du futur état algérien) flottait déjà un peu partout. Les abords de
l’aéroport étaient noirs d’une foule en attente d’un avion ; quant au hall n’en parlons pas : les
familles y campaient, certaines depuis plusieurs jours, la cadence des rotations entre les différentes
villes de France et Alger n suffisait pas absorber cette cohorte de « réfugiés ». C’est ici qu’est gravé
en moi la dernière image que j’ai de mon père ; celle d’un homme écrasé par ce que nous venions
de voir : l’hémorragie humaine commencée deux mois plus tôt « battait son plein ».
Mes parents devaient nous rejoindre - mes soeurs et moi–en France au cours de l’été…mais quand ?
Tous deux se sentaient le devoir de devoir rester coûte que coûte.
L’été ce sont les moissons et quand on est de la terre, on sait ce que cela représente : les blés étaient
mûrs et le blé est plus qu’un symbole : c’est le pain, le pain du quotidien. Il ne pouvait être perdu ce
blé, grillé sur pied !
Nous avions une importante entreprise de battage-bottelage, chaque année sollicitée de tous côtés,
travaillant dans les différentes exploitations de la plaine de la Mitidja et bien au-delà. Les équipes
d'ouvriers étaient là, avec l'un de nos contremaîtres qui était resté après avoir laissé partir sa famille,
permettant ainsi aux récoltes d'être engrangées.Je reprends les termes extraits d'une lettre de ma
mère arrivée en juillet : « Nous vivions plusieurs siècles de civilisation en arrière : autos, camions
volés, rançons demandées, maisons pillées, occupées, tout est pris ». Ce fut le cas du dispensaire
créé par mon père, première quinzaine de juillet : les infirmières et sages-femmes mises à la porte,
la pharmacie pillée. « La Société Française de Secours aux Musulmans », puisque tel était le nom
donné au dispensaire, avait été prise par la force manu militari et le drapeau de l'A.L.N. hissé sans
autre forme de procès. Je précise que l'infirmière major et la sage-femme étaient au service de la
population depuis plus de vingt ans et ont dû quitter les lieux, le canon des fusils dans le dos.
Je tiens aussi à citer un extrait d’une lettre de mon père, écrite début Août : « Il me semble ici que le
climat général est moins mauvais (sous-entendu qu’il ne l’a été en juillet, après ce que je viens de
vous dire) mais la vie y reste dure, très dure. Tout le village est sans téléphone depuis neufjours…
parce qu’il n’y a personne pour en assurer l’entretien. Cet entretien est juste assuré dans les
villes...Il en est ainsi pour tout, ravitaillement, vétérinaires, hommes de l’art. Tout manque, tout est
parti. Pratiquement tous les magasins sont fermés. Tout le peuple souffre terriblement de cet état de
choses et un immense mécontentement s’est installé dans la masse qui voyait autre chose dans
l’indépendance. Le peuple est soumis aux roitelets locaux qui font ce qu’ils veulent et commettent
toutes sortes d’exactions dont tout le monde souffre. » On peut imaginer le désespoir et le sentiment
de grande solitude qui l’habitaient quand il écrivit ces lignes.
Les moissons furent faites en dépit de tout, les équipes d'ouvriers payées. Tout au long de ces deux
derniers mois d'été terribles, dont j'ai gardé les témoignages écrits, la vie de tous les jours devait
continuer, dominée par un sentiment d'humiliation, d'abandon des services officiels français. Quoi
qu’il en fût, mes parents voulurent continuer à garder ce qu'ils estimaient être leur place, leur devoir
: être présents aussi longtemps que possible dans ce village, notre village, auprès d'une population
qui leur avait accordé sa confiance depuis tant d'années.
Des disparitions d'hommes, de femmes, d'enfants, il y en avait chaque jour parmi les populations
musulmane et européenne. Étant en France à ce moment-là, j'ai été frappée de voir combien la
presse s'en faisait peu l’écho. Les consulats français restaient muets, impuissants, enregistrant les
dépositions… Mon père fut très souvent sollicité par les familles touchées par ces drames;
maîtrisant en effet parfaitement l'arabe et se sentant plus que jamais mobilisé dans cette période de
chaos que traversait l'Algérie à cette époque, il apporta son aide au consulat de Blida, espérant
retrouver la piste de certains disparus.
Le 23 août, il était lui-même enlevé sur la route entre Souma - dont il était parti vers 10 h 30 du
matin, seul au volant de sa voiture - et Boufarik, bourgade de la Mitidja, distante de Souma de
5 km. Il y avait un rendez-vous.Dès sa disparition un très grand nombre de démarches furent
entreprises par son épouse restée sur place, également par ses enfants et amis se trouvant en France
:la gendarmerie locale, le consulat de Blida, l'ambassade de France à Alger, l'Exécutif provisoire et
la Croix Rouge furent saisis de cet enlèvement. Mon père, souffrait d'une grave affection cardiaque :
des médicaments furent envoyés par le biais du Croissant Rouge. Ils ne lui sont certainement jamais
parvenus.
Dès que le « climat social » le permit, dans les premiers jours d'octobre, je suis retournée en
Algérie, accompagnée de ma plus jeune soeur, auprès de ma mère restée seule dans notre maison, à
attendre mon père pendant plus d'un mois, espérant chaque jour des nouvelles, une libération !…
Absorbée par les démarches auprès de l'ambassade à Alger ou du consulat à Blida, tout en ayant à
faire face aussi à la conduite de la ferme dont les autorités algériennes ne l'avaient pas encore
officiellement dépossédée. On laissait pourrir la situation progressivement, conduisant chaque
famille à bout de force à prendre une décision inévitable : le départ.
Je n'oublierai pas l'impression ressentie à notre retour en Algérie, au village : en trois mois, tout
avait basculé. Je n'oublierai pas non plus le visage de nos ouvriers les plus proches devant tant de
gâchis et la perspective de notre départ imminent. Comment oublier aussi ma mère, s'écroulant sur
le quai du port de Marseille, écrasée de fatigue et de chagrin?... Comment accepter, comment
pardonner la non-assistance à personne en danger, le voile hypocritement tiré sur ce que furent ces
crimes contre l'humanité ?
Sur le sol métropolitain, point de réconfort. Nous attendaient l'incompréhension totale, les
tracasseries administratives, des humiliations encore. Ma mère, veuve d'un colonel de réserve de
l'armée française, appelé sous les drapeaux lors des deux guerres mondiales, commandeur de la
Légion d'honneur, maire durant 36 ans d'une commune française d'un département français, devait
encore faire preuve de sa nationalité française en maintes démarches et ce, auprès des différents
organismes habilités à recevoir la demande d'indemnisation de nos biens spoliés, si toutefois on
peut parler en termes de chiffres l’oeuvre de toute une vie. Qu'en a-t-il été des plus humbles ?
Nous n'avions pas voulu croire au pire, gardant au fond de nous l'espoir d'avoir des nouvelles de
mon père, d’un indice, pendant les mois qui suivirent notre rapatriement. En décembre 1962, nous
apprenions « officieusement » les circonstances dramatiques de sa mort, après qu'il eut été
torturé.D'officiel, nous avons reçu la transcription d'une décision de justice prise à Paris le 15
janvier 1965, tenant lieu d'acte de décès. Les rapports des enquêtes menées par la gendarmerie, le
consulat et la Croix-Rouge auxquels j'ai pu avoir accès, font état de sa mort, sans que son corps ait
pu être retrouvé.
Je citerai, pour terminer, la conclusion du rapport de M. l'ambassadeur Jeanneney à Alger, en date
du 29-novembre 1962, adressé à M. le ministre d'État, chargé des Affaires algériennes et dont je
donne un extrait des plus éloquents-:« Les rapports unanimes de nos consuls constatent ce
glissement général des départements algériens vers un niveau de vie qui ne sera nullement
comparable à celui que la France avait artificiellement assuré à l'Algérie. Cela était sans doute une
des conséquences inévitables de l'indépendance, mais les accords d'Évian, s'ils avaient pu être
appliqués dans le contexte prévu, en auraient limité l'ampleur et nos compatriotes auraient pu, sans
trop de mal, s'adapter aux conditions nouvelles qui leur auraient été faites. Aujourd'hui, ils ont le
sentiment, au moins dans les campagnes et les petites villes, qu'il n'y a plus de place pour eux dans
un pays livré au marasme économique et au désordre administratif. À moins d'un sérieux
redressement, que l'évolution des dernières semaines ne permet pas d'espérer, il est probable que
nos ressortissants devront tirer les conséquences d'un état de fait irréversible et renoncer à se
maintenir, avec une installation permanente, dans l'intérieur du pays. Il est de plus en plus clair que
la colonie française n'a de chance de subsister qu'à Alger, et dans les quelques grandes villes qui
resteront peut-être comme les façades modernes et occidentalisées d'un pays retombé, pour de
nombreuses années, en arrière-».Pour ma part, il ne s'agit pas de « faire le deuil » comme d'aucuns
le disent, expression que je n'aime guère, dans cette circonstance tout particulièrement. Et si je
devais avoir à la reprendre, je vous dirai qu'il est fait depuis longtemps.Par contre, je tiens à une
reconnaissance des plus hautes instances de l'État de cet abandon, plus encore de cette humiliation
profonde que mon père a pu connaître dans ses derniers instants, partagée ensuite par tous les siens,
au regard de ce qu'a été sa vie et de cette honteuse page de notre histoire occultée depuis plus de 40
ans.
En 1960, mon père avait écrit à un ami : « Nous voulons bien souffrir nous voulons bien mourir,
mais nous ne voulons pas être humiliés ». Songeait-il alors que, deux ans plus tard, ce qu'il redouta
allait se réaliser à un point qu'il ne pouvait, que nous ne pouvions imaginer.
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Largo Winch

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MessageSujet: Re: 1962 ANNEE DES HUMILIATIONS TEMOIGNAGE   8/3/2016, 14:01

L'humiliation se poursuit avec la commémoration du 19 mars 1962, comme "fin de la guerre d'Algérie" par le chef de l'état...
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klary
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MessageSujet: Honneur ou horreur ??!   8/3/2016, 17:10

Et cela continue en 2016 avec la Légion d'Honneur...qui devient légion d'horreur!

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GIBET
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MessageSujet: Re: 1962 ANNEE DES HUMILIATIONS TEMOIGNAGE   10/3/2016, 01:38

Je ne pense pas qu'une erreur historique puisse être une humiliation.

Il n'y a aujourd'hui aucune intention d'humilier les personnes victimes de la guerre d'Algérie lorsqu'elle ont l'impression, par ignorance, de fêter le fin d'une guerre qui n'en est pas une pour les pieds noirs.

Les générations concernées , tout comme les combattants de 14/18 puis de 39/45, disparaissent petit à petit et ne transmettent plus. On ne peut accuser les jeunes générations qui croient honorer la mémoire des anciens d'Algérie, de commettre un acte d'humiliation!

Il faut expliquer , comme nous le faisons ici, et il ne faut pas accuser!!

Ceux qui sont à l'origine de l'erreur volontaire ne sont plus.

L'histoire de France est truffée de fausses dates , de faux évènements, d'information tronquées apprises aux écoliers dans l'indifférence complète de ceux qui savaient mais qui ont laissé faire, pour la bonne conscience de l'unité française, de la résurgence de valeurs nationalistes ou pour toutes autres raisons moins avouables.

Alors n'incriminons pas ceux qui veulent se souvenir de la fin des morts en Algérie d'ignorer que le 19 mars 1962, alors qu'ils n'étaient même pas nés, n'est pas la fin des tueries.

Informons, formons et transmettons avec patience et respect envers les nouvelles générations qui ont besoin d'apprendre et qui n'ont humilié personne.

Les traiter ainsi c'est finalement provoquer leur indifférence et à terme la perte d'une mémoire.

Mais je tiens à témoigner que les jeunes gens que j'ai vu fleurir les mausolée à la mémoire des morts en Algérie le 19 mars n'avaient certainement pas le motif d'humilier ceux qu'ils honoraient!


Il faudrait aussi que les porteurs de mémoire et de correction des erreurs historiques n'oublient pas cela!!

GIBET

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Dernière édition par GIBET le 11/3/2016, 11:07, édité 1 fois
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guy61

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MessageSujet: Re: 1962 ANNEE DES HUMILIATIONS TEMOIGNAGE   10/3/2016, 09:09

comme beaucoup,je suis contre la commémoration du 19 mars, le cessez le feu n'a pas été respecté par le FLN

après le 19 mars:

3018 Européens tués ou disparus (1282 retrouvés).
535 soldats français tués ou disparus par le FLN (jusqu'en fin 64)
Entre 45 et 150.000 harkis ou militaires musulmans tués ou disparus.




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guy61

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MessageSujet: Re: 1962 ANNEE DES HUMILIATIONS TEMOIGNAGE   11/3/2016, 11:02

DOC 27
BILAN GUERRE D'ALGERIE
Note secrète des autorités militaires françaises du 09.03.1963
Du 01.11.1954 au 19 mars 1962 :
victimes du FLN : 2788 Européens tués et 875 disparus.
16378 Musulmans tués et 12396 disparus.
16166 Militaires Européens tués.*
3500 Militaires Musulmans tués (dont 1168 harkis ou supplétifs).
5000 combattants du FLN, victimes des purges internes, notamment par Amirouche.
6 à 9000 musulmans du MNA, tués par le FLN, en France.
victimes de l'Armée française : 143.600 combattants du FLN tués
environ 80.000 civils victimes des dégâts co-latéraux. (armée française ou FLN)
après le 19 mars:
3018 Européens tués ou disparus (1282 retrouvés).
535 soldats français tués ou disparus par le FLN (jusqu'en fin 64)
Entre 45 et 150.000 harkis ou militaires musulmans tués ou disparus.
( l'OAS a tué 300 Européens et 2400 Musulmans de mai 61 à juin 62)




*dont 7000 appelés
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GIBET
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MessageSujet: Re: 1962 ANNEE DES HUMILIATIONS TEMOIGNAGE   11/3/2016, 11:20

guy61 a écrit:
comme beaucoup,je suis contre la commémoration du 19 mars, le cessez le feu n'a pas été respecté par le FLN

après le 19 mars:

3018 Européens tués ou disparus (1282 retrouvés).
535 soldats français tués ou disparus par le FLN (jusqu'en fin 64)
Entre 45 et 150.000 harkis ou militaires musulmans tués ou disparus.


Mon propos ne te visait pas particulièrement cher Guy et je ne dénonçais pas les raisons qui motivent l'opposition au 19 mars 1962

Tu sais bien qu'il ne faudrait pas grand chose pour qu'on ne fête plus la fin de l'Algérie française, ni le 19 mars ni une autre.
Beaucoup de français ignorant les évènements pensent que nous fêtons le 19 mars un pays musulman ...donc l'islam!!!

Ce 21è siècle à besoin de beaucoup apprendre...autant qu'à comprendre.
Les jeunes ne comprennent pas cette opposition à fêter le 19 mars car on leur parle d'une "fête d'humiliation" sans autre explication.

Plusieurs, à qui je tentais d'expliquer ce sont irrités et on dit qu'ils "ne viendraient plus humilier"!!

C'est cela que j'essaie de faire comprendre à ceux qui , contrairement à toi, n'expliquent pas mais condamnent.

Dans notre pays de Liberté d'aujourd'hui tout est condamné par une "communauté" ou une autre

Aujourd'hui ce sont nos jeunes qui doivent arbitrer entre les condamnations sans en comprendre le sens!

Voila le sens de mon propos.

Le 19 mars est inadéquat et maintenant je sais pourquoi. Il m'a fallu du temps pour l'apprendre et presque autant pour l'accepter...parce que j'ai entendu des civils en parler ici! Le 19 mars n'est pas une affaire de militaires fachos mais une affaire de civils. Ça c'est difficile à comprendre quand on ne l'a pas vécu ...mais c'est encore plus difficile quand on n'en a jamais entendu parler !!

Essayez à votre tour de tenter de comprendre ce que je vous dis là !

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MessageSujet: Re: 1962 ANNEE DES HUMILIATIONS TEMOIGNAGE   11/3/2016, 12:05

Merci cher Guy pour cette mise à jour!

19 mars 1962...triste date pour qui a sonné le glas!

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MessageSujet: Re: 1962 ANNEE DES HUMILIATIONS TEMOIGNAGE   11/3/2016, 18:39

Et pourtant ! Il est facile d'expliquer que le 19 mars 1962, seule l'armée française respecta les ordres de cessez le feu ! Car le FLN résiduel (il ne restait sur le terrain que quelques milliers de combattants, dispersés) n'aurait plus été en mesure de combattre. Mais il conservait sa capacité de nuisance et ses armes ! D'où la brusque montée de la terreur exercée sur les populations sans défense qui furent mises dans l'obligation de choisir: entre le FLN et la France. Ceux, qui malgré tout choisirent la France, furent massacrés. Les autres s'engagèrent comme résistants de la 25ème heure, les "marsiens", qui se montrèrent d'une férocité inégalée à l'égard de leurs compatriotes pour se dédouaner de n'avoir pas rejoint les maquis avant le 19 mars...
Il est facile de dire que l'OAS ne fut que la conséquence logique de cet abandon de souveraineté, seulement à l'intérieur des grandes villes d'Algérie, les quelques maquis qu'elle tenta de constituer étant vite devenus la cible de ... l'armée française et de l'ALN, alliées de circonstance.
Il est facile de dire que ce fameux référendum d'avril 62 qui devait concerner en premier lieu les populations d'Algérie, ne fut réservé qu'aux Français de métropole, les 13 départements français d'Algérie étant exclus de la consultation nationale ! Imagine-t-on un référendum offrant l'indépendance à la Corse, sans l'avis des départements corses ?
Il est donc facile d'expliquer à ces jeunes Français qui avalent sans rien dire les propos de ces nouveaux négationnistes, ce que fut réellement ce 19 mars que le Président de la République a décidé d'honorer de sa présence, tous ses prédecesseurs ayant eu la pudeur de s'en tenir à l'écart !
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MessageSujet: Re: 1962 ANNEE DES HUMILIATIONS TEMOIGNAGE   11/3/2016, 20:08

Non il n'est pas facile d'expliquer cela ....54 ans après . C'est à dire deux générations plus tard !! A des gens qui ont depuis les années 80 (30ans) tellement de problèmes liés à l'évolution rapide de notre société où ils ont progressivement perdu leur place face à une mondialisation déréglementatrice à outrance, qu'il en ont perdu toutes leur marque :
* l'émancipation de la famille
* le droit du travail
* les perspectives de progression sociale par le travail
* le cavalier seul des valeurs de la finance internationale
* les échanges à l'intérieur de l'Europe qui ne se font plus dans la paix mais dans le revendication (Grèce, GB, Turquie, Hongrie...)
etc...etc...

Alors oui les références historiques auxquelles ils se rattachent ne sont pas celles d'il y a 54 ans.

Tu as raison il est facile de "dire"...mais dire n'est pas de la transmission. C'était bon pour notre génération. Aujourd'hui on convainc ou cela ne sert à rien. Et comme tout va vite on ne convainc pas sur les choses non essentielles pour les gens si on ne les prépare pas à écouter.

Je rencontre via le Conseil Municipal de nombreux jeunes. Étant correspondant Défense de la Mairie je suis en contact avec ceux qui s'associent au manifestations mémorielles. Il portent des valeurs qui pourraient surprendre quelques vieux militaires critiques de la jeunesse...et pourtant ils ne comprennent rien à la guerre qui est la plus proche d'eux! Non il n'avalent rien...il rejettent tout en bloc et considèrent que ce n'est pas leur problème cette guerre!!
Mais on ne m'entend pas quand je le dis car on se contente de militer dans les communautés de pieds noirs !!!

Mais bon je l'ai dit et je laisse tomber sur ce sujet.
On peut déplacer des montagnes , mais pas des hommes convaincus d'avoir raison!
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MessageSujet: Re: 1962 ANNEE DES HUMILIATIONS TEMOIGNAGE   12/3/2016, 10:24

Que ta réflexion est, hélas, bien juste ! Oui, c'est vrai. Les "jeunes" générations ont du passé fait table rase. Et pourtant ! Je connais ici des correspondants "défense" dans diverses communes du Vaucluse qui m'ont permis de faire ma conférence sur... la bataille de la RC4 pendant la guerre... d'Indochine ! Si tu savais le nombre de questions qui m'ont été posées aprés par des "jeunes" de moins de 40 ans ! Je rencontre tous les jours de gens de ces générations. Ils me demandent ce qu'est ce Cercle algérianiste que je préside et puis je leur parle de cette Algérie française caricaturée par les "maîtres de la décolonisation", de la guerre d'Algérie, du 19 mars, du massacre des Harkis... Ils sont comme toi. Les yeux grand ouverts, ils boivent mes paroles, me disent "cà ? On ne le savait pas !"...
Je crois que le chemin sera long, mais pour avoir fait de la randonnée en montagne, souvent en solitaire, je sais l'immense joie qu'on ressent lorsqu'on arrive à un sommet ou sur une crête aprés avoir marché des heures sur des pentes raides et caillouteuses avec un sac de trente kilogs sur le dos... Je sais...
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klary
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MessageSujet: Re: 1962 ANNEE DES HUMILIATIONS TEMOIGNAGE   12/3/2016, 11:00

Merci cher Gibet pour avoir toujours été à notre écoute...tournons-nous vers les belles images de notre Mémoire amie!
Klary sunny

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guy61

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MessageSujet: Re: 1962 ANNEE DES HUMILIATIONS TEMOIGNAGE   12/3/2016, 14:59

Comme déjà dit "la mémoire se perd,même dans l'armée" piqûre de rappel :

La Mémoire se perd..........

Bernard LART, ancien commando de l'Air, auteur de l'excellent livre « Histoire des paras commandos de l'Air ,Editions du Panthéon», raconte dans l'introduction de son livre (condensé).
 En avril 2008, sur la demande du Cdt de la BA 102 à Dijon, je donne une conférence retraçant l'historique des CPA.
Dans l'auditoire, il y a des jeunes stagiaires s/officiers et officiers ayant opté pour entrer dans les commandos de l'Air.
Après 55' d'explications avec projection de photos, je termine l'histoire en émettant le traditionnel « avez-vous des questions ? »
Les interrogations et les réponses sont variées.
Après s'être présenté, un jeune Lieutenant se lève et poliment pose la question suivante :

« Que faisions nous en Algérie ? »

J'ai alors tenté d'effectuer un survol rapide de l'Histoire de l'Afrique du Nord Française.
Quelques jours après, je me suis dit que l'histoire n'est plus enseignée ou que les étudiants travaillent uniquement les matières à fort coefficient.

Nb : En octobre 2010, lors d'une inspection, le Chef d'Etat Major de l'Armée de Terre, demande aux jeunes engagés d'une unité d'infanterie "qui connait le Général Bigeard ?" (dcd le 18 juin 2010)
Personne n'a levé le doigt........

Merci Gibet d'essayer de comprendre,de nous comprendre........

il n'y a pas que les Pn qui sont contre le 19 MARS,les anciens d'AFN aussi sauf la FNACA, of course !


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GIBET
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MessageSujet: Re: 1962 ANNEE DES HUMILIATIONS TEMOIGNAGE   12/3/2016, 15:30

Je crois que tous les trois Klary, Largo Winch et plus récemment Guy vous m'avez aidé à regarder les choses avec d'autres yeux

Vous l'avez fait plus en vous parlant tous les trois qu'en essayant de me convaincre
Dans votre discours vous parliez de "notre" pays et il m'a fallu du temps pour comprendre que vous parliez du mien aussi .
Oui je vous enviais de parler d'un pays si beau , si plein de traditions, si plein de sincérité...et que je comprenais parce qu'il parlait français .

Personne ne pourrait résister à cette image de la France que vous portez et que vous m'avez fait aimer et qu'il est ensuite difficile d'effacer pour la transformer en image de guerre
J'ai du mal à me faire comprendre et je prendrai une image. Celle de mon grand père mutilé au chemin des dames et qui resta une nuit entière dans un trou d'obus envahi d'eau au côté d'un gamin de 19 ans éventrés par une explosion et qui tint son ventre toute la nuit pour y maintenir ses boyaux en appelant toute la nuit "maman". Je suis allé moult fois au chemin des dames, je me suis assis longuement sur la terre, mais je n'ai jamais pu vivre ce que les quelques mots de mon grand père nous avait transmis comme une prière

La guerre d'Algérie c'est votre sang et jamais aucun de vos mots , de vos revendications ne saura transmettre toute l'horreur et la peine , car je crois qu'ils se vivent mais ne se transmettent pas.

En revanche vous avez transmis votre bonheur et la beauté de la France algérienne.

Je "comprends" votre combat...mais aujourd'hui je "partage" votre bonheur de là-bas.  Deux mots bien différents.

En tout cas ne me remerciez pas car c'est moi qui vous remercie.


Continuez à transmettre comme vous le faites tous les trois, ici et ailleurs et merci pour ici !
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MessageSujet: Re: 1962 ANNEE DES HUMILIATIONS TEMOIGNAGE   12/3/2016, 20:48

en fait, je ne suis pas directement concerné car je suis Normand, si je n'avais pas été en Algérie comme militaire, je n'aurais pas cette attitude.......
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MessageSujet: Re: 1962 ANNEE DES HUMILIATIONS TEMOIGNAGE   12/3/2016, 21:00

Cher Guy en tout cas tu as l'art de faire passer ce que tu juges être une justice .

Tu as l’opiniâtreté d'un homme honnête et intègre.

Et je crois savoir que tu as épousé .... l'Algérie Française.

C'est sans doute le plus bel hommage que tu lui as rendu

Amitiés
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MessageSujet: Re: 1962 ANNEE DES HUMILIATIONS TEMOIGNAGE   13/3/2016, 12:49

Comme Guy, il sont nombreux les "métros" à avoir découvert une Algérie dont on disait de ce côté ci de la Méditerranée, qu'elle était l'empire des gros colons qui "faisaient suer le burnous" aux "Algériens"...
Pour l'anecdote, ma maman qui était au CA de l'amicale des Alsaciens-Lorrains d'Alger avait invité pour les fêtes de Noël 57 ou 58, je ne m'en souviens pas, trois militaires du contingent qui n'avaient pu avoir de permission pour passer les fêtes chez eux, tous originaires des provinces de l'Est...
Ils sont devenus des habitués ! Et ont fait à mes parents des adieux émouvants à leur départ !
Cela se pratiquait dans toute l'Algérie avec les amicales des provinces françaises représentées...
Bien sur la FNACA n'en parle jamais !
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MessageSujet: Re: 1962 ANNEE DES HUMILIATIONS TEMOIGNAGE   13/3/2016, 17:36

Je sens chez vous une grosse amertume, voire de la colère contre la FNACA
Comment se fait-il que cette association d'anciens de l'Algérie semble complètement à côté de la plaque

Et surtout comment expliquer que cette association et ses membres (dont certains doivent savoir pour le 19 mars 62) défende de manière aussi acharnée cette date

J'ai pris un exemple au hasard [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] et dans un lieu que je ne connais pas (donc sans impact politique) et je lis :
Citation :
Les adhérents de la section locale de la FNACA se sont retrouvés autour d'une bonne table dimanche à midi à l'occasion du banquet annuel. Une occasion pour le président André Perrin de rappeler la commémoration du 19 mars 1962 et de leur demander de se mobiliser nombreux à cette occasion.
Pourquoi mobiliser sur ce sujet dans nos campagnes si les participants (âgés) étaient présents en Algérie et donc informés des tueries perpétuées après cette date.

J'ai du mal à comprendre?!
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MessageSujet: Re: 1962 ANNEE DES HUMILIATIONS TEMOIGNAGE   13/3/2016, 19:06

La FNACA est l'association la plus importante,environ 350.000 (l'UNC dont je fais partie 250.000)

La FNACA fût fondée par des membres du Parti Communiste pendant la guerre d'Algérie,elle ne comprend que des appelés,on sait qu'une majorité d'appelés en Algérie n'en avaient rien à foutre de l'Algérie Française (voir ma synthèse LE PUTSCH D'ALGER) leur devise "la quille bordel"

Le CESSEZ LE FEU du 19 mars fût fêté en Algérie dans plusieurs casernes,ceci explique cela, de Gaulle a bien manoeuvré,il savait que les familles le soutenaient en arrêtant la guerre même au prix du déshonnneur, extrait de ma synthèse :

L'exode des pieds-noirs (et des musulmans francophiles)
en 1962, n'est pas celui des colonialistes riches et insolents, c'est l'exode de 1940 avec une différence de taille, il se déroulait dans une France où la tragédie était partagée par 40 millions de français, celui de 1962 se déroule dans une France inondée de soleil et où tout le monde pense aux vacances...

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MessageSujet: Re: 1962 ANNEE DES HUMILIATIONS TEMOIGNAGE   13/3/2016, 19:20

Je confirme ce que dit Guy sur la FNACA, fondée par des membres du parti communiste français. Elle revendique 350.000 adhérents mais ce chiffre est incontrôlable et on se rend compte que ses sections départementales font "tourner" les adhérents de plusieurs cellules locales qui viennent grossir les rassemblements du 19 mars.
Le Rédacteur en Chef de la revue mensuelle de la FNACA "L'Ancien d'Algérie", est lui même un militant du PCF.
Les 12 associations d'Anciens combattants qui n'ont pas signé l'adhésion à la date du 19 mars, qui représentent la grande majorité des AC, se sont toutes mises d'accord sur la date du 5 décembre reconnue officiellement comme la date d'hommage national aux morts des guerres d'AFN. Toutes à l'exception de la FNACA !
Tout le monde sait que cette date ne représente pas grand chose, mais toutes ces associations ont opté pour une date pouvant rassembler l'ensemble des associations !


PS.- La FNACA a toujours été soutenue par les députés et sénateurs du PCF et par l'Humanité. C'est grace à la pression de ceux-là qu'elle a obtenu que soit retenue la date du 19 mars.
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MessageSujet: Re: 1962 ANNEE DES HUMILIATIONS TEMOIGNAGE   13/3/2016, 20:25

UNE HUMILIATION DE TAILLE...ENCORE UNE après celle de la Légion d'Honneur.

...et voici le comble...*le pois chiche sur le couscous*!...

Sujet: Guerre d'Algérie : Hollande aux commémorations du 19 Mars 2016

Il obligera la France à boire le calice jusqu'à la lie !...en rayant  du souvenir les 25000 soldats français tués en Algérie et les milliers de HARKIS ET DE PN massacrés par le FLN , toujours au pouvoir actuellement , + LE MILLION ET DEMI DE RAPATRIES DANS DE TERRIBLES CONDITIONS.

Article ici :  http://www.lefigaro.fr/politique/2016/03/07/01002-20160307ARTFIG00252-guerre-d-algerie-hollande-aux-commemorations-du-19-mars.php

Les sénateurs qui ont adopté, jeudi 3 mars 2016, la proposition de loi, très controversée, qui consacre le 19 mars 1962 comme journée nationale du souvenir*des victimes civiles et militaires de la guerre d'Algérie*, ont ajouté l'ignominie aux crimes de l'après 19 mars.

Merci aux associations d'anciens combattants qui ne participeront pas aux cérémonies du 19 mars.

Communiqué de la FSALE

***La FSALE, rappelle conformément au communiqué du Président de la Fédération nationale André Maginot (ci-joint), dont elle est "Groupement n°1", qu'elle refuse également toute participation aux cérémonies du 19 mars.***



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MessageSujet: Re: 1962 ANNEE DES HUMILIATIONS TEMOIGNAGE   13/3/2016, 21:05

A vous lire je crois avec déjà perçu une opposition entre droite et gauche sur le sujet.

Je viens de lire un article qui me semble dire clairement les choses . Il s'agit d'un échange avec Guy Pervillé, professeur émérite d’histoire contemporaine à l’université de Toulouse Le Mirail, spécialiste de l’histoire de l’Algérie coloniale ainsi que de la guerre d’Algérie. Il a notamment publié Pour une histoire de la guerre d’Algérie (2002), La Guerre d’Algérie (Que sais-je, 2007), Atlas de la guerre d’Algérie (2003), Les Accords d’Evian, succès ou échec de la réconciliation franco-algérienne, 1954-2012 (2012) et, chez Vendémiaire, La France en Algérie, 1830-1954 (2012).

Je vous le livre (source: [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] ) vous me direz ce que vous pensez de l'objectivité historique de cette analyse qui m'a paru poser clairement les éléments du débat :
Citation :
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]

Guerre d’Algérie : 19 mars 1962, la journée du souvenir qui fâche
Le 18 mars les accords d'Evian étaient signés. Le lendemain devait être marqué par un cessez-le feu définitif. Or ce ne fut pas le cas : entre l'armée française, l'OAS et les différents groupes indépendantistes, attentats, escarmouches et règlements de comptes continuèrent pendant plusieurs mois.

Atlantico : Aux yeux des personnes marquées par la mémoire de la guerre d'Algérie, la date du 19 mars a un caractère particulier, si ce n'est controversé. Le 8 novembre 2012, sur inspiration des communistes, la majorité a fait voter une loi établissant le 19 mars comme marquant la fin officielle du conflit. Pourquoi le choix de cette date revêt-il une dimension si politique ?


Guy Pervillé : C’est une très longue histoire. L’idée de célébrer le 19 mars 1962 comme fin de la guerre d’Algérie, à l’exemple des commémorations nationales du 11 novembre et du 8 mai, a été a soutenue depuis le 19 mars 1963 par la principale association d’anciens combattants de gauche, qui recrutait surtout parmi les anciens rappelés et appelés, la FNCA (Fédération nationale des Anciens combattants en Algérie), et par de nombreuses municipalités de gauche.
Au contraire tous les gouvernements de 1962 à 1997 avait préféré faire le silence au moyen de lois d’amnistie sur cette guerre qui avait divisé les Français et ne permettait pas de les rassembler, puisque la plupart des associations d’anciens combattants situées plus à droite ne voulaient pas entendre parler de commémorer l’événement qui avait transformé une quasi-victoire militaire en défaite, et ouvert la pire période de la guerre. Mais depuis le procès Papon (1997) qui avait attiré l’attention sur la répression de la manifestation du 17 octobre 1961 à Paris, le principe même de l’amnistie avait cessé d’être compris par les dirigeants politiques de droite et de gauche, et tous les députés et sénateurs avaient voté la loi du 18 octobre 1999 qui reconnaissait officiellement l’existence de la "guerre d’Algérie". Il ne restait plus qu’à se mettre d’accord sur une date commémorative, mais ce fut impossible, parce que la gauche – alors majoritaire – choisit le 19 mars, alors que l’opposition de droite n’en voulait pas. Le projet de loi présenté par le gouvernement de Lionel Jospin avait été adopté par l’Assemblée nationale et allait être présenté au Sénat quand les élections de 2002 arrêtèrent tout en faisant réélire Jacques Chirac contre Jean-Marie Le Pen, Lionel Jospin ayant été classé troisième au premier tour. Le président réélu donna satisfaction à ses partisans en choisissant comme date commémorative de la guerre d’Algérie le 5 décembre, jour de l’inauguration du Mémorial militaire du Quai Branly à Paris ; mais la FNACA persista à réclamer le 19 mars. Dix ans plus tard, après l’élection du président Hollande, la nouvelle majorité de gauche reprit le vote du projet de 2002 là où il s’était arrêté, en faisant comme si rien ne s’était passé entre temps.

François Mitterrand aurait pourtant déclaré que cette date ne devait pas être celle de la fin de la guerre. Pourquoi ce basculement en 2012 parmi les socialistes ?


François Mitterrand, ancien ministre de Pierre Mendès-France et de Guy Mollet, élu en 1981 grâce aux voix de tous les anti-gaullistes, avait promis de faire voter une nouvelle loi d’amnistie qui réhabiliterait les généraux condamnés pour leur participation au "putsch" du 22 avril 1961 et à l’OAS, mais il se heurta dans son propre parti à une telle opposition qu’il dut recourir à l’article 49-3 pour faire adopter son projet en 1982. En 2001, le Parti socialiste avait d’abord hésité avant de déposer le sien, mais il s’y était résolu. Pour presque toute la gauche, à part François Mitterrand, il fallait se démarquer de Guy Mollet sur cette question sensible.

Que nous disent concrètement les travaux historiques sur la question ? Que s'est-il passé le 19 mars 1962 et qu'est-ce qui en a suivi ? 


Les accords d’Evian signés par les représentants du gouvernement français et du GPRA le 18 mars 1962 pour mettre fin à la guerre d’Algérie prévoyaient un cessez-le-feu le 19 mars à midi. L’OAS, qui considérait ces accords comme le résultat d’une trahison, a refusé de l’appliquer et a intensifié son action armée pour obliger les forces françaises à choisir entre la révolte et l’obéissance. Aux yeux du gouvernement, elle a ainsi pris la responsabilité de l’échec du cessez-le-feu à rétablir la paix, et a justifié l’engagement contre elle des forces gouvernementales, qui s’est notamment traduite par la répression de Bab-el-Oued et par la fusillade de la rue d’Isly le 26 mars.
Certains en ont conclu qu’il faudrait mener contre l’OAS une guerre civile dans laquelle la France et l’Algérie se retrouveraient alliées contre le même ennemi. Mais le FLN s’est-il vraiment comporté comme un allié de la France ? Passons en revue les principaux faits.
Notons d’abord que les pré-accords des Rousses (février 1962) avaient été ratifiés par la majorité du CNRA (Conseil national de la Révolution algérienne) qui avait mandaté le GPRA pour négocier l’accord final à Evian, mais les délégués de la wilaya V (Oranie) et l’état-major général de l’ALN qui commandait les troupes de l’ALN extérieure en Tunisie et au Maroc avaient voté contre.
D’autre part, l’accord de cessez-le feu prévoyait que les forces combattantes de l’ALN  existant au jour du cessez-le feu "se stabiliseront à l’intérieur des régions correspondant à leur implantation actuelle", mais en fait elles en sont rapidement sorties pour prendre le contrôle de la population algérienne. Il en résulta des incidents graves et même des combats dans les premières semaines, puis l’armée française renonça à cantonner l’ALN. Il y eut néanmoins encore un nombre non négligeable de soldats français tués par l’ALN.

Contre l’OAS, l’ALN semble avoir commencé par ne pas réagir ouvertement pour éviter de rompre le cessez-le-feu, mais un mois plus tard, à partir du 17 avril, elle a multiplié les enlèvements de civils européens à la limite des quartiers musulmans dans les deux grandes villes (Alger et Oran) où l’OAS était la plus forte, sur les principales routes et dans les campagnes les plus colonisées. C’était officiellement un moyen de riposter contre l’OAS, mais surtout un moyen de faire fuir la population civile française d’Algérie. Le 14 mai 1962, la Zone officielle d’Alger du FLN rompit ouvertement le cessez-le feu, le gouvernement français demanda au GPRA de la désavouer, mais sans l’obtenir. Les enlèvements et les meurtres, un moment interrompus à Alger par le cessez-le-feu négocié entre le chef OAS Jean-Jacques Susini et l’Exécutif provisoire, reprirent et s’intensifièrent après l’indépendance de l’Algérie (3 juillet 1962), notamment le 5 juillet à Oran. C’est seulement  en septembre que les enlèvements commencèrent à diminuer, mais depuis le 19 mars il y eut plus de 3000 personnes enlevées dont près de 1700 morts ou disparus à jamais.

Cependant, des enlèvements et des massacres d’anciens "harkis" ou "Français musulmans" avaient commencé dès le 19 mars, mais avaient diminué après une circulaire du chef de la wilaya V demandant d’attendre le jour de l’indépendance pour régler le compte des traîtres. Dans les jours qui suivirent le 3 juillet (date de la proclamation officielle de l’indépendance), et dans le contexte de la lutte pour le pouvoir qui opposa le GPRA à la coalition Ben Bella-Boumedienne, les enlèvements et les massacres reprirent en plusieurs vagues, jusqu’à la fin de l’année.
Ainsi les accords d’Evian, qui avaient pu aboutir grâce à l’acceptation par le GPRA du principe de non-représailles au début d’octobre 1961, furent-ils sapés à la base.
Ajoutons enfin que la dernière réunion du CNRA en mai-juin 1962 avait adopté à l’unanimité le programme de Tripoli, qui désavouait les accords d’Evian comme une "plateforme néo-colonialiste" et en prévoyait la révision dès que possible. Ce fait n’empêcha pas le GPRA de faire voter les Algériens pour l’indépendance le 1er juillet 1962, mais le texte du programme de Tripoli resta secret jusqu’à ce qu’il fut découvert par l’armée française en Algérie et transmis au gouvernement français par son ambassade au début septembre 1962.
Il est donc établi que les accords d’Evian furent désavoués par le FLN avant même la proclamation de l’indépendance.

Quelle autre date de la fin du conflit serait alors plus exacte ?


Il n’y en a malheureusement pas d’autre, puisque le 3 juillet n’a pas davantage mis fin à la violence. La seule solution serait que les gouvernements français et algérien se mettent enfin d’accord pour signer un vrai traité de paix qui ne soit pas une déclaration de repentance de la France. En attendant, la querelle franco-française du 19 mars ne fait que justifier ce qu’écrivait en 1990 l’historien Robert Frank : “les partisans du 8 mai fêtent au moins une victoire qui donne un sens à leur guerre. Ceux du 19 mars veulent une célébration qui fasse remarquer que la guerre d’Algérie n’en avait pas. Une guerre sans cause est une guerre sans message, et la commémoration d’une guerre sans message ne peut se transformer en véritable commémoration".

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MessageSujet: Re: 1962 ANNEE DES HUMILIATIONS TEMOIGNAGE   13/3/2016, 22:18

l'analyse de Guy Pervillé est pertinente....
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MessageSujet: Re: 1962 ANNEE DES HUMILIATIONS TEMOIGNAGE   13/3/2016, 23:05

Je le pense aussi...mais si la loi est controversée... cela ne relève pas seulement de l'opposition droite-gauche ou d'une orientation politique

quelconque...il est certain que les paramètres HUMAINS, essentiels à mes yeux, semblent avoir été oubliés...mais l'Humanisme ET LE SENS DE L'HONNEUR pour  

ceux qui  ne se sentent concernés ni par cette guerre, ni par le digne respect de la France....où se cachent-ils ???

 I love you Comme je suis fière de la réponse d'un ami à l'invitation reçue, à cette cérémonie...

En voici un extrait:

***...remercie Mr le Préfet.....cérémonie à laquelle il se fera un devoir de ne pas assister.
Se recueillir le jour de la date anniversaire de ce cessez le feu ,
unilatéral, que nos adversaires mirent à profit dans les mois qui suivirent,
pour assassiner près de 155.000 personnes de toutes confessions, serait
d’une certaine façon se rendre complice de ce qui peut être considéré comme un crime contre l’ humanité.¨

        Pour un soldat, la pire des choses ce n’est pas de mourir, mais de

        perdre la raison de vivre, c’est à dire L ‘ HONNEUR .*** I love you

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MessageSujet: Re: 1962 ANNEE DES HUMILIATIONS TEMOIGNAGE   14/3/2016, 08:11

guy61 a écrit:
l'analyse de Guy Pervillé est pertinente....

Sauf qu'elle remet au "politique" en opposition "droite-gauche" le choix de la date de la "fin de la guerre d'Algérie", et qu'elle fait abstraction de l'attitude de l'armée française, préalablement au soi-disant "cessez le feu". Le désarmement des harkis et des moghaznis avait commencé bien avant le 19 mars 1962 et les malheureux indigènes qui avaient fait confiance en la France, n'y croyaient plus et je me souviens des questions posées par nos harkis... (J'ai été libéré de mes "obligations militaires" le 3 mars 1962).
Je veux également balayer les accusations du FLN et de la FNACA, sur la responsabilité de l'OAS dans la reprise des combats par l'ALN.
il faut dire d'abord que le FLN avait été choisi comme seul interlocuteur valable dans la négociation d'Evian et de celles qui avaient précédé. En avaient été exclues toutes les autres formations politiques, les élus, les associations "Algérie française" et même le MNA qui était la deuxième composante nationaliste algérienne !
La réaction -logique- de l'OAS, qui représentait après l'échec du putsch du 21 avril 1961 le seul espoir de la population française d'Algérie, était inévitable. Mais elle n'eut lieu que dans les principales villes (Oran, Constantine, Alger) alors que tout le bled tombait sous la dépendance du FLN.
Comment croire à l'observation du cessez le feu par les fellaghas alors que Krim Belkacem,SEUL signataire de la déclaration d'intention d'Evian était désavoué par le GPRA de Tripoli et bien sur les bandes résiduelles de l'ALN sur place !
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MessageSujet: Re: 1962 ANNEE DES HUMILIATIONS TEMOIGNAGE   14/3/2016, 15:59

Largo Winch tu dis que l'armée française avait désarmé avant mars 62 , une question: avait-elle désarmé avant les pré-accords des Rousses (février 1962) ou à partir de cette date?

Chère Klary le propos de Guy Pervillé concernant l'opposition droite gauche ne concerne que le choix de la date , car il semblait qu'un accord tacite antérieur s'était officieusement institué entre la droite et la gauche pour qu'on ne commémore pas la guerre d'Algérie! Malheureusement ce n'est pas comme tu le dis pour des raisons d'honneur, mais pour ne pas aborder un sujet qui divisait les français .
Finalement c'est la loi du 18 octobre 1999 de F. Mitterrand qui reconnaissait officiellement l’existence de la "guerre d’Algérie" qui a été à l'origine d'un débat commémoratif.

Question à tous: Était-ce une guerre selon vous, ce qui signifie que l'Algérie n'était pas française, car il n'y a pas guerre entre nationaux...ou était-ce une répression civile et civique qu'on ne commémore pas?

Merci pour vos précisions
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MessageSujet: Re: 1962 ANNEE DES HUMILIATIONS TEMOIGNAGE   14/3/2016, 16:28

Avant. Il y avait déjà eu un arrêt des opérations de l'armée française bien avant l'accord des Rousses !
C'était une trêve unilatérale. Elle était une conséquence du putsch. C'est à partir de là que commençà le "dégagement" des supplétifs.

Il s'agissait d'une guerre civile ! Puisqu'il s'agissait d'une guerre entre Français, les "rebelles" étant considérés comme "Français-musulmans".
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MessageSujet: Re: 1962 ANNEE DES HUMILIATIONS TEMOIGNAGE   14/3/2016, 19:06

Largo Winch a écrit:
Avant. Il y avait déjà eu un arrêt des opérations de l'armée française bien avant l'accord des Rousses !
C'était une trêve unilatérale. Elle était une conséquence du putsch. C'est à partir de là que commençà le "dégagement" des supplétifs.

Il s'agissait d'une guerre civile ! Puisqu'il s'agissait d'une guerre entre Français, les "rebelles" étant considérés comme "Français-musulmans".
C'est aussi comme cela que j'ai compris tous vos développements: "une guerre civile" c'est à dire une opération d'ordre interne

Alors pourquoi s'acharner à la faire reconnaître comme guerre "étrangère" par une loi (surtout Mitterrand? quel intérêt?)?

En fait le véritable "putsch" c'était un putsch militaire fomenté par un ennemi intérieur armé: le FLN... et non le "quarteron de généraux etc..."

Il est étonnant que les grands constitutionnalistes (comme Duverger) n'aient pas donné un vrai sens juridique aux faits qui se sont déroulés. Je comprends pour les autres constitutionnalistes ...ils étaient gaullistes.

Mais est-ce que je me trompe?

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MessageSujet: Re: 1962 ANNEE DES HUMILIATIONS TEMOIGNAGE   14/3/2016, 19:23

GIBET a écrit:
Largo Winch a écrit:
Avant. Il y avait déjà eu un arrêt des opérations de l'armée française bien avant l'accord des Rousses !
C'était une trêve unilatérale. Elle était une conséquence du putsch. C'est à partir de là que commençà le "dégagement" des supplétifs.

Il s'agissait d'une guerre civile ! Puisqu'il s'agissait d'une guerre entre Français, les "rebelles" étant considérés comme "Français-musulmans".
C'est aussi comme cela que j'ai compris tous vos développements: "une guerre civile" c'est à dire une opération d'ordre interne

Alors pourquoi s'acharner à la faire reconnaître comme guerre "étrangère" par une loi (surtout Mitterrand? quel intérêt?)?

En fait le véritable "putsch" c'était un putsch militaire fomenté par un ennemi intérieur armé: le FLN... et non le "quarteron de généraux etc..."

Il est étonnant que les grands constitutionnalistes (comme Duverger) n'aient pas donné un vrai sens juridique aux faits qui se sont déroulés. Je comprends pour les autres constitutionnalistes ...ils étaient gaullistes.

Mais est-ce que je me trompe?
NON tu as compris,en Algérie c'était une guerre civile qu'on appelait Opérations de Maintien de l'Ordre


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MessageSujet: Re: 1962 ANNEE DES HUMILIATIONS TEMOIGNAGE   14/3/2016, 21:07

Merci Guy

Il m'aura fallu du temps pour en arriver à cette évidence ...qui ne l'avait jamais été pour moi
Alors encore merci à vous tous

Le travail sur moi n'est pas fini car je vais devoir comprendre pourquoi il m'a fallu autant de temps (généralement je suis plus rapide) et qu'est-ce qui était culturellement bloquant là-dedans.

Je comprends vos condamnations très dures de De Gaulle dans le contexte militaire que Klary a si bien symbolisée par son interventions "On peut tout perdre dans une guerre sauf l'honneur!!"

Moi maintenant c'est Mitterrand et le PS que je vais repasser au crible de mon éclairage. Quel intérêt avaient-ils a se mettre la loi de 1999 sur le dos?? est-ce une façon de s'attirer les voix gaullistes?

Si c'est pour cela , c'est une vraie "connerie" de manipuler l'Histoire pour y glisser les grains de sable qui feront déraper le futur!! Car le futur devient toujours le présent d'une génération!!
GIBET

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MessageSujet: Re: 1962 ANNEE DES HUMILIATIONS TEMOIGNAGE   14/3/2016, 21:40

Je ne sais, cher Gibet, si ces extraits d'une lettre ouverte aux sénateurs, qui ont adopté

LA PROPOSITION DE  LA LOI SUR LE 19 MARS, pourront  répondre à certaines de tes questions. JE N'AI RELEVE QUE LE DEROULEMENT
DES FAITS POUR éCLAIRER LE DEBAT.
TU TE DOUTES BIEN QUE CERTAINES PARTIES DE LA LETTRE SONT BEAUCOUP PLUS VIRULENTES..JE NE SUIS PAS D'ACCORD EN TOUT POINT
avec elles et JE NE TIENS PAS à METTRE LE FORUM OU CERTAINS DE NOS AMIS dans l'embarras

Anne Cazal , JOURNALISTE ET ECRIVAIN est aussi l'auteur du *Ravin rouge*

***Quelle guerre ? La guerre d’Algérie fut décidée seulement par nos députés en octobre 1999, c'est-à-dire 37 ans après les événements ?  Une guerre civile, alors ?   Comment les métropolitains ont-ils pu croire à des accords de paix, alors que même l’État français indiquait qu’il ne s’agissait que de pourparlers … Des palabres, uniquement des palabres, que le FLN, qui ne les a jamais signés, ni, encore moins, respectés,  a qualifié de document « néocolonialiste », tandis que le cher Krim Belkacem, qui le rapportait, a prestement été raccourci par ses propres frères d’armes !...

En réalité, le 18 mars 1962, au cours de la rencontre d’Evian entre les délégués gouvernementaux français et quelques prétendus représentants du FLN (mouvement subversif et terroriste qui ne représentait en rien le peuple de l’Algérie) il n’y eut qu’une seule déclaration, la déclaration française, laquelle fut reprise et qualifiée par le Gouvernement français  en « Déclaration gouvernementale du 19 mars 1962 ».  
                             
AUCUN ACCORD. UNE SEULE DÉCLARATION...


Que fut-il demandé au peuple par le référendum du 8 avril 1962 ? Non pas de ratifier les « accords » du 18 mars 1962, PUISQUE CEUX-CI N'EXISTAIENT PAS, mais simplement de se prononcer sur « les accords à établir et les mesures à prendre au sujet de l’Algérie » :

Je cite la question référendaire : « Approuvez-vous le projet de loi soumis au peuple français par le Président de la République et concernant les accords à établir et les mesures à prendre au sujet de l'Algérie sur la base des déclarations gouvernementales du 19 mars 1962 ? »

Il est clair qu’il n’était pas question de ratifier quoi que ce soit et le général-président-français, Charles De Gaulle, faisait figurer un autre article dans la loi référendaire lui donnant le pouvoir d’agir PAR DÉCRET, CE QUI ÉLIMINAIT TOUTE DISCUSSION AU PARLEMENT FRANÇAIS ! L’arbitraire dans toute sa splendeur, en somme…

Ajoutons que ce référendum nécessita : Un projet de loi – trois décrets 62310. 62315. 62316. Tous du 20 mars 1962 , et nous allons les examiner :
1.Le décret 62310 du 20 mars 1962 décidait de soumettre un projet de loi au référendum  
2.Le décret  62315 du 20 mars 1962 portait sur « les accords à établir » et « les mesures à prendre » au sujet de l’Algérie.  
3.Le décret 62316 du 20 mars 1962 portait sur l’organisation du scrutin pour le référendum.

Chacun de ces documents mentionne : « Le Conseil Constitutionnel consulté ». La question qui se pose est la suivante : « Le Conseil Constitutionnel a-t-il consulté LA CONSTITUTION DU 4 OCTOBRE 1958 avant de donner son avis ??? La réponse est : NON ! »

S’il l’avait fait, il aurait constaté plusieurs violations flagrantes de la Constitution Française :

LE DROIT DE VOTE DES CITOYENS :

Article 1 : « La France assure l’égalité de tous les citoyens, sans distinction d’origine, de race et de religion ».

Article 3 : « Sont électeurs dans les conditions déterminées par la loi, TOUS LES NATIONAUX FRANÇAIS MAJEURS des deux sexes  jouissant de leurs droits civiques et politiques.

Le décret N° 62315 a violé expressément ces deux dispositions en précisant :

ARTICLE 1 : « Les opérations de référendum n’auront pas lieu dans les départements d’Alger, Botera, Bône, Constantine, Médéa, Mostaganem, Oasis, Oran, Orléanville, Saïda, Saourer, Sétif, Tiaret Tizi-Ouzou et Tlemcen.

Ce sont donc 15 départements français qui ont été exclus du vote EN VIOLATION DES ARTICLES 1 et 3 DE LA CONSTITUTION FRANÇAISE !

FAIT INADMISSIBLE DANS UNE DÉMOCRATIE : CE SONT POURTANT LES CITOYENS HABITANT DANS CES QUINZE DÉPARTEMENTS QUI ÉTAIENT LES SEULS CONCERNÉS PAR CE VOTE DU 8 AVRIL 1962 !

POUR QUE CETTE DISPOSITION SOIT VALABLE, IL AURAIT FALLU, AU PRÉALABLE, MODIFIER LA CONSTITUTION FRANÇAISE. ELLE NE L'A PAS ÉTÉ? ET CECI POUR UNE RAISON BIEN SIMPLE : LA RÉVISION DE LA CONSTITUTION AURAIT ETE INTERDITE EN APPLICATION DE SON ARTICLE 89 QUI STIPULE : « AUCUNE PROCÉDURE DE RÉVISION NE PEUT ÊTRE ENGAGÉE OU POURSUIVIE LORSQU’IL EST PORTE ATTEINTE A L’INTÉGRITÉ DU TERRITOIRE » !!!

L’intégrité du territoire était bel et bien atteinte puisqu’il s’agissait de livrer au F.L.N. 15 départements français d’une surface de DEUX MILLIONS CINQ CENT MILLE KM2 !

C’est donc devant une amputation illégale des 4/5ème du territoire national que le CONSEIL CONSTITUTIONNEL DE L'ÉPOQUE S'EST DÉSHONORÉ EN NE L'AYANT PAS VU, OU EN N'AYANT PAS VOULU LE VOIR !...***

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MessageSujet: Re: 1962 ANNEE DES HUMILIATIONS TEMOIGNAGE   15/3/2016, 01:27

Merci chère Klary pour ces éléments fondamentaux.
Je vais aller chercher vers le Conseil Constitutionnel.
Tout cela peut se comprendre politiquement ...mais absolument pas sur le plan juridique . Le Conseil Constitutionnel est la plus haute instance magistrale de France. Comment a-t-il pu cela sans sourciller??
Je vais tenter grâce à vous de comprendre.
Vous m'avez ouvert la porte je poursuit le chemin
GIBET

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MessageSujet: Re: 1962 ANNEE DES HUMILIATIONS TEMOIGNAGE   16/3/2016, 08:37

Ces précisions d'Anne Cazal, fournies par Klary sont fondamentales pour comprendre l'escroquerie du 19 mars, dont la FNACA revendique la commémoration "officielle" ! Elles montrent comment De Gaulle, aidé par les réseaux communistes, imposa sa décision au sujet de l'Algérie. La campagne, exclusivement métropolitaine, porta sur "la Paix en Algérie" ! Voter "Oui" cela signifiait pour les Français métropolitains, la fin de l'engagement du contingent et le retour des jeunes mobilisés.
Le PCF su magistralement user de cet argument, et ceux qui eurent le courage de dénoncer cette mascarade furent étouffés sous les accusations de "complices de l'OAS" !
Et la FNACA qui insiste sur les 90,8% de "Oui" au référendum du 8 avril, oublie que ces 90,8 portent sur 75% de suffrages exprimés et qu'en étaient exclus les départements français d'Algérie.
Sabourdy a le culot de me répondre que de toutes les façons cela n'aurait rien changé... Sabourdy, qui est le Rédac'chef de l'Ancien d'Algérie le journal de la FNACA et qui fut, en son temps le patron du comité de soutien de... Jacques Duclos qui se présentait à l'élection du Président de la République !
Et qui a l'autre culot monstre de m'accuser de voir des communistes jusque sous mon lit !
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MessageSujet: Re: 1962 ANNEE DES HUMILIATIONS TEMOIGNAGE   20/3/2016, 15:01

J'ai entendu ce matin, sur FR3, un sénateur socialiste sans doute ex-curé de campagne, venir prêcher pour la "reconciliation, l'appaisement, la reconnaissance des souffrances des harkis, bla...bla...bla..." en défendant la date du 19 mars, tout en disant que pour lui, "qu'importait la date  ?" !
Comment qu'importe la date ?
Comment Mr le Sénateur des AM pouvez vous dire que la date importe peu alors que vous défendez la date du 19 mars ! Vu votre âge, comment pouvez vous ignorez ce que représente, justement, cette date du 19 mars ?
Mr le Sénateur vous vous foutez de la gueule des Français d'Algérie qui ont pu survivre après cette date !
Mais Monsieur le Sénateur, il existe une date, neutre, qui permet de prétendre à cet appaisement que vous revendiquez: c'est elle du 5 décembre !
Pas celle du 19 mars !
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