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 Faire payer les petits et épargner les gros!

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GIBET
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MessageSujet: Faire payer les petits et épargner les gros!   8/7/2015, 15:53

Non à l’austérité en Grèce, en France et en Europe

Dimanche 5 juillet, ce ne sont ni les banquiers ni les technocrates de
Bruxelles et du FMI qui auront la main : avec le référendum décidé
courageusement par Alexis Tsipras, le peuple grec peut devenir acteur
des négociations et co-décideur de l’histoire de l’Union européenne.
Le déferlement de haine des libéraux de tous poils et le rouleau compresseur
des médias qui les servent ne masquent pas cette avancée : avec l’arrivée au
pouvoir d’un (seul !) gouvernement de la gauche de transformation sociale
et écologique, et la mobilisation populaire qui le soutient, se dessine enfin,
peut-être, une mise en cause globale de l’austérité. Certes, une réorientation
profonde des politiques européennes nécessitera d’autres rapports de force,
dans toute l’Union, mais l’immense mérite des moments forts que nous vivons
est de rouvrir le champ des choix politiques possibles.
Que montrent la déstabilisation des libéraux, la fragilité de leurs argumentaires,
leur prétention à écraser le peuple grec et la représentation qu’il s’est
donnée, l’absence totale de prise en compte de la question démocratique et
de la question sociale – qui se posent partout en Europe ? Elles témoignent
de l’absence de projet européen, de la fragilité du monstre bureaucratique de
Bruxelles, du visage autoritaire des dirigeants allemands et de l’impuissance
de la France, du fait de la démission des ‘‘socialistes’’ face à la finance.
Comme le non de gauche en France lors du référendum du 29 mai 2005 sur le
Traité constitutionnel européen - trahi depuis par les gouvernements successifs -,
un non franc et massif du peuple grec ne signifierait ni une sortie de l’UE, ni une
sortie de l’euro. D’ailleurs, la cause d’une sortie de la Grèce de l’Union serait plutôt
son exclusion, illégitime (comme la dette1), par les puissances dominantes.
Tout le monde sait qu’il s’agit d’un référendum pour ou contre l’austérité, pour
ou contre la domination antidémocratique des banquiers et de la Troïka. La
victoire du non - nullement acquise au moment où ces lignes sont écrites,
mais possible - imposerait un nouveau débat sur le projet et les politiques européennes,
sur la maîtrise des flux financiers dans l’UE, sur la dette - celle de
la Grèce mais aussi celles de l’ensemble des pays membres -, sur le rôle des
États et des services publics.
Pour ou contre l’austérité : ne devrions-nous exiger de pouvoir nous exprimer
pour un choix clair, en France aussi ?
● Gilles Alfonsi
1. Lire notre dossier : “L’annulation de la dette grecque : une exigence légitime et réaliste”, ici :

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GIBET
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MessageSujet: Re: Faire payer les petits et épargner les gros!   8/7/2015, 16:07

Extrait:

Citation :

(...)

La situation grecque est inhumaine

On connaît la situation sociale de la Grèce : hausse de 45 % de la mortalité infantile, hausse de 42 % du taux de suicides, baisse de trois ans de l’espérance de vie, 44,6 % de retraités vivant en dessous du seuil de pauvreté, le plus grand hôpital du pays, Évangélismos, ne pouvant plus fonctionner à compter de la fin juillet 2015, violation systématique des droits sociaux, économiques et humains de la population grecque au cours des quatre dernières années (Rapport relatif aux droits humains des Nations unies, présenté par Cephas Lumina).

Selon M. Jyrki Kataïnen, ancien Commissaire aux affaires économiques et monétaires de l’UE, « la validité de la Charte des droits fondamentaux de l’UE est suspendue en Grèce mais aussi dans tous les pays sous programme », dans la mesure où les memoranda n’ont pas à être soumis au droit communautaire. En décembre 2014, avant l’arrivée de Syriza au pouvoir et en réponse à une question d’eurodéputés de Syriza sur le non-respect du droit du travail en Grèce, son successeur, le très socialiste et humaniste Pierre Moscovici, faisait valoir, pour justifier de telles violations du droit, que les memoranda étant des accords intergouvernementaux, ils n’étaient pas soumis en tant que tels au droit communautaire (voir notamment « Un coup d’État financier contre Athènes », 29 juin 2015, de Vicky Skoumbi, rédactrice en chef de la revue grecque de philosophie Alitheia.
Selon V. Skoumbi, « ce qui est affirmé sans ambages ici est le fait que le principe fondateur de la démocratie depuis Solon, à savoir l’isonomie, n’est plus valable, ni pour les Grecs, ni pour les autre pays sous la tutelle de la Troïka. En somme, ce dont il s’agit, c’est de l’instauration de véritables zones de non-droit au sein de l’Europe, qui fonctionneront comme hauts lieux d’une exploitation extensive, d’autant plus que, du droit du travail, il ne reste presque rien. Un presque rien que les créanciers trouvent encore excessif et s’efforcent de rendre équivalent à zéro. Cette création des zones économiques spécialisées, régies par la seule loi du plus fort, ne sert pas uniquement la maximisation de profits sur place, mais l’intimidation de ceux qui ailleurs en Europe se mettront à résister à l’offensive néolibérale. » 

Le gouvernement Tsipras ne peut pas négocier sur le long terme avec l’oligarchie de l’UE sans trahir le peuple grec

Malgré une réelle volonté de départ de négocier avec l’oligarchie, Alexis Tsipras n’a pas voulu trahir le peuple grec, comme l’avait fait le parti socialiste grec. Il a donc décidé de provoquer un référendum populaire, mais a il dû mettre en place un contrôle des capitaux et fermer provisoirement des banques tout en assurant le maintien des avoirs du peuple dans ces banques. Par ailleurs, la présidente du Parlement grec a installé la « Commission de la vérité sur la dette grecque » qui a présenté ses travaux et notamment les « Fondements juridiques de la suspension et de la répudiation de la dette souveraine grecque »1.
Alexis Tsipras a ainsi déclaré qu’« après cinq mois de négociations, nos partenaires en sont venus à nous poser un ultimatum (…). Leur but est l’humiliation de tout un peuple (…). Notre responsabilité dans l’affirmation de la démocratie et de la souveraineté nationale est historique en ce jour, et cette responsabilité nous oblige à répondre à l’ultimatum en nous fondant sur la volonté du peuple grec. J’ai proposé au conseil des ministres l’organisation d’un référendum, et cette proposition a été adoptée à l’unanimité »2.
La réalité matérielle a donc transformé un gouvernement voulant négocier en un gouvernement menant la bataille contre l’Eurogroupe et le FMI. Une fois encore, la volonté ne suffit pas à tordre la réalité matérielle ; c’est bien la réalité matérielle et ses lois tendancielles qui régissent le réel. D’où l’importance d’une formation politique et économique pour tous les cadres et militants afin qu’ils ne prennent pas pour argent comptant les beaux discours techniques des « stars » de l’hétérodoxie néo ou post keynésienne ou encore du marxisme vulgaire. Ainsi, la question centrale n’est plus de décréter ce que nous devons faire sur le plan économique. Nous pouvons nous épuiser à lire toutes les stars de l’Autre gauche française, nous ne trouverons chez elles aucune réponse politique. Pour chercher ce qu’il convient de faire politiquement et comment le faire ici et maintenant, il faut rassembler le peuple, sans lequel rien n’est possible. C’est donc la politique qui doit être remise au poste de commande.

La montée en force depuis 2009 de la poussée populaire grecque

Nous constatons à chaque élection la poussée populaire grecque. Syriza faisait 4,6 % à l’élection législative de 2009 et 4,7 %, à l’élection européenne, puis 26,9 % à la législative de 2012, 26,57 % à l’européenne de 2014, et 36,3 % en janvier 2015, quand Syriza prend le gouvernement grâce au bonus de 50 députés pour la liste arrivée en tête et avec l’appoint de la droite souverainiste. Après qu’en 2013, le cartel Syriza a fait place à une organisation unifiée fusionnant tout le cartel et qui a obtenu plus de 60 % des voix sur le non (oxi) au référendum anti-austérité, malgré toutes les tentatives et bidouillages des médias et des néolibéraux grecs.
Ce non est un non à l’austérité néolibérale voulue par une Union européenne sous direction allemande et soutien de ses alliés, parmi lesquels la France de Hollande. Pour la première fois, et c’est en Grèce, une majorité du peuple construite par une alliance des ouvriers, des employés et des couches moyennes intermédiaires, bouscule le château de cartes ordolibéral de la zone euro et donc de l’union européenne elle-même. Il faut se réjouir politiquement de l’existence ici et là de poussées populaires qui accompagnent le mouvement social et l’émergence d’un parti unifié qui a surgi ces dernières années. Mais les lois tendancielles de la formation sociale capitaliste continueront à agir et à montrer que la zone euro et les traités de l’union européenne sont des carcans qu’une simple poussée populaire nationale (comme celle du 5 juillet) ne parviendra pas seule à ôter.
Ainsi, Tsipras a démissionné le bouillant Varoufakis qui, au vu de la large victoire du non, a cru pouvoir déclarer dimanche qu’il ne signerait jamais un accord austéritaire. Tsipras aurait été prêt, selon la rumeur, à passer sous la table en annulant le référendum et en acceptant l’essentiel des demandes des « institutions », quand, dans un dernier sursaut, il a au dernier moment maintenu ledit référendum. Fort d’un quasi-plébiscite, Tsipras espère maintenant pouvoir reprendre les négociations et obtenir ce à quoi il avait failli renoncer, la restructuration de la dette grecque, à laquelle FMI et Allemagne étaient farouchement opposés. Tsipras n’avait pas les moyens de renverser la table, et il sait que le référendum ne suffit pas à les lui donner, mais il peut espérer faire plier quelque peu l’UE, qui devra peut-être lui accorder les moyens de rembourser le FMI pour le sortir du jeu. Ce n’est pas la fin de la guerre que les dirigeants néolibéraux de droite comme de gauche et les économistes mènent contre les peuples, mais la poussée populaire change la donne, même si la fin de l’histoire n’est pas écrite.
Il n’est pas nécessaire d’être grand clerc pour prévoir une plus grande vigueur des peuples européens qui verront que la résistance est possible, d’où une augmentation des tensions politiques au sein de la direction de l’Union européenne. Et il y aura aussi augmentation des tensions d’ordre géopolitique, car la Grèce ne pèse certes qu’un peu plus de 2% du PIB de la zone euro, mais ses liens culturels avec l’Est de l’Europe, et même avec la Russie, et son ancrage dans le bassin méditerranéen lui donnent un poids géopolitique qui dépasse largement son poids économique.
Cet épisode est donc pour nous un tournant d’une importance capitale que nous saluons, car il relève d’un mouvement général de résistance à la gestion néo-libérale de la crise. Ainsi, Podemos se prépare à ouvrir en Espagne un nouveau front dans la lutte globale et internationale, tandis que les manifestations de soutien au peuple grec se développent et que des solidarités entre États-nations se font jour3. Il est temps en France à sortir du débat people du type «  Pierre Laurent a-t-il raison d’aller aux régionales contrairement à ce qu’il a dit un mois auparavant ? », et d’engager un processus politique visant à organiser une action de transformation de la réalité matérielle du peuple.
(...)

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klary
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MessageSujet: Re: Faire payer les petits et épargner les gros!   9/7/2015, 11:27

POINT DE VUE DE J-N CUENOD
Ecrivain et journaliste libre Paris-Léman

Dirigeants de l’Europe, allez vous faire voir..

Ce n’est pas un camouflet que Bruxelles a reçu, c’est une claque des plus retentissantes. Les Grecs ont voté par référendum « non »  aux propositions des créanciers, alors que la gouvernance allemande de l’Union européenne a multiplié les menaces pour que triomphe le « oui ». Chantage à l’exclusion de la zone euro, voire de l’UE, menace d’assécher les banques, surtout, dénigrement du premier ministre Tsipras et son parti Syriza. Pendant des semaines, les dirigeants de l’Union européenne ont multiplié les confidences et les petites phrases pour caricaturer le chef du gouvernement grec en une sorte de clown incapable de suivre une ligne claire, un type dangereux avec lequel il n’était pas question de continuer à parler. Le « oui » des Grecs devaient donc débarrasser l’Europe de cet inapprivoisable animal politique.

 Le Fonds monétaire international et l’Europe allemande voulaient aussi bouter hors du gouvernement grec la gauche radicale,  afin d’imposer de nouvelles mesures d’austérité, sans renégocier la dette. Les dirigeants allemands avaient même ouvertement prévu l’installation d’un gouvernement de technocrates, Tsipras étant censé démissionner en cas de victoire du « oui ». Ah, le bonheur de traiter avec des technocrates, malléables à souhait, sourds aux cris du peuple, prêts à défendre les intérêts du système financier comme de braves petits soldats de la cause comptable !

Mais c’est le « non » qui a déferlé dans les urnes grecques. Un « non » qui sonne comme un « oui »  franc et massif à la politique suivie par Tsipras.

Les Grecs ont subi huit plans d’austérité en échange des programmes d’aide internationale depuis 2009. Résultat : la dette grecque n’a fait que croître. De plus, les efforts consentis par le peuple hellène ne servent qu’à rembourser les banques, sans faire avancer le pays. Et c’est cette méthode désastreuse que les créanciers ont proposée aux Grecs. Ils avaient parié sur leur peur de l’inconnu et d’être expulsés de la zone euro pour les inciter à voter « oui ». Tsipras n’est donc pas le seul à jouer au poker dans cette histoire. Mais lui au moins, il gagne !

L’Epicière berlinoise, son commis Schäuble, l’Ectoplasme de l’Elysée et les gnomes de Bruxelles ont démontré qu’arrogance et incompétence peuvent rimer. Rime pauvre sur le plan politique, misérable même. Si nous vivions dans un système européen un tant soit peu démocratique, ces piètres négociateurs devraient être prier d’aller se faire voir, par exemple, chez les Grecs. Mais voilà, les mêmes dirigeants  qui ont si mal mené la barque européenne – et qui n’ont fait preuve d’aucune imagination créatrice pour sortir de l’imbroglio de la dette grecque – seront dès demain aux commandes. Dès lors, l’espoir de trouver une solution intelligente paraît aussi mince qu’un mannequin de chez Lagerfeld.

Des solutions intéressantes existent pourtant,  comme la proposition de transformer la dette en certificats d’investissement. Cela aurait pour avantage de ne pas effacer la dette tout en permettant le démarrage de l’économie grecque. Elle est formulée par les Français Gabriel Colletis, Jean-Philippe Robé et Robert Salais, deux économistes et un avocat. On peut lire cette proposition en cliquant sur ce lien :

http://www.latribune.fr/opinions/tribunes/annuler-une-partie-de-la-dette-grecque-ou-la-reduire-470194.html

Quant aux Grecs, ils ne sont pas sortis de l’auberge. Il leur reste à construire non seulement une économie, mais un Etat digne de ce nom.

_________________
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