Nos Mains

Forum de discussion entre amis portant sur l'actualité, la politique, la société et tous les sujets que nous prendrons en Main ensemble.
 
AccueilCalendrierFAQRechercherS'enregistrerConnexion












Partagez | 
 

 L'administration de la sauvagerie : 24 euros/Amazon

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Guide Stone

avatar

Messages : 721
Date d'inscription : 23/09/2014

MessageSujet: L'administration de la sauvagerie : 24 euros/Amazon    6/7/2015, 23:00

Je file me l'acheter ...

Les atrocités commises par l’organisation Etat islamique en Irak, en Syrie et ailleurs ne sont pas le fait de barbus illuminés mais bien le fruit d’une stratégie délibérée appelée "l’administration de la sauvagerie".
 
A la suite d’une longue série de défaites contre l’ennemi proche incarné par les régimes arabes et l’ennemi lointain représenté par les Etats-Unis, plusieurs voix se lèvent dans les milieux jihadistes contre les tactiques et les stratégies en vigueur.
 
A partir de la fin des années 1990, plusieurs oulémas, intellectuels et militants jihadistes proposent de nouvelles voies pour réaliser les principaux objectifs de la mouvance : chasser les Occidentaux des territoires musulmans, renverser les régimes en place, instaurer des Etats islamiques en vue d’abolir les frontières coloniales et restaurer le califat, la monarchie universelle islamique.
 
La sauvagerie théorisée
 
Un grand nombre d’articles, d’épîtres, de manuels et de traités voit ainsi le jour, notamment après les attentats du 11-Septembre et l’invasion américaine de l’Afghanistan et de l’Irak. Si plusieurs de ces écrits ont été plus ou moins suivis par des groupes jihadistes, notamment al-Qaïda dans la péninsule arabique, aucun n’a eu le succès de l’opuscule d’Abou Bakr Naji (pseudonyme d’un jihadiste anonyme) intitulée "De l’administration de la sauvagerie : l’étape la plus critique que franchira la communauté des croyants".
 
Rédigé entre 2002 et 2004, cet ouvrage devient incontournable pour deux principales raisons. D’une part, il constitue une synthèse claire des textes des principaux idéologues jihadistes ainsi que des plus grands stratèges modernes d’Amérique Latine, d’Extrême Orient et d’Europe. D’autre part, la stratégie proposée et surtout la terminologie utilisée par l’auteur ont été adoptées par l’organisation Etat islamique et consorts pour légitimer leur action.
 
L’expression de Mao Tsé-Toung : "Le pouvoir est au bout du fusil" résume parfaitement la pensée d’Abou Bakr Naji. Celui-ci affirme que la lutte armée est le seul moyen réaliste et envisageable pour (re)créer le califat car tout processus de construction étatique, quelle que soit sa nature ou sa finalité, repose sur une violence originelle. Toutes les autres voies, notamment l’action pacifique, ne seraient que chimères.
 
Ce chemin long et périlleux serait le seul possible pour (ré)instaurer la Cité de Dieu sur terre et obtenir le salut éternel. Pour ce faire, il faudrait suivre un plan bien déterminé qui s’appuierait à la fois sur les lois universelles et les lois islamiques. Il ne faudrait donc avoir aucun scrupule à s’inspirer de l’art de la guerre et du savoir-faire administratif occidentaux.
 
Des zones d'implantation bien ciblées
 
Toute la stratégie de Naji repose sur une hypothèse fondamentale : le retrait américain de la région et l’effondrement de plusieurs régimes à l’instar de ce qui s’était passé en Afghanistan avec les Soviétiques. Les jihadistes, seul mouvement préparé à cette éventualité qui paraissait farfelue au début des années 2000, pourraient enfin s’emparer du pouvoir, mettre fin aux frontières coloniales et s’émanciper de la domination occidentale.
 
En attendant, il faudrait continuer à affaiblir les Américains et endommager leur image surtout quand ils s’engagent directement sur le terrain, comme cela a été le cas en Irak. Parallèlement, les jihadistes devraient s’implanter dans un certain nombre de zones et en faire des sanctuaires. Ces zones d’implantation devront répondre à un certain nombre de conditions objectives comme une géographie accidentée, la faiblesse du régime, la prédisposition de la population, l’existence d’un mouvement jihadiste local et l’abondance des armes.
 
La Jordanie, les pays du Maghreb, le Nigéria, le Pakistan, l’Arabie Saoudite et le Yémen pourraient ainsi être des terrains privilégiés. Mais la liste n’est pas définitive. Elle pourrait évoluer au gré des circonstances. En effet, quatre régions qui ne figurent pas dans la liste initiale de Naji sont devenues le principal laboratoire de sa stratégie : l’Irak, la Syrie, la Libye et le Sinaï. Une fois l’implantation réussie, le groupe jihadiste, devra, selon l’auteur, suivre un plan en trois étapes.
 
Les 3 étapes du plan d’Abou Bakr Naji
 
1- La première étape, appelée démoralisation et épuisement, consiste à affaiblir l’ennemi moralement et matériellement en le harcelant de manière continue.
 
Les attentats et les attaques spectaculaires seront les outils privilégiés, comme cela a été le cas récemment en Tunisie, au Koweït, en Arabie Saoudite et ailleurs. Il faudrait également profiter de cette étape pour attirer les jeunes, professionnaliser les combattants et mener des campagnes de communication pour faire connaître les objectifs du groupe, justifier les opérations, effrayer les ennemis et manipuler les sentiments des populations.
 
Toutefois, il ne faudrait pas se faire d’illusion, ces opérations ne pourront pas, à elles, seules provoquer l’effondrement des régimes. Il faudrait compter sur des facteurs extérieurs. La prophétie de Naji s’avère juste : les jihadistes comptent parmi les principaux bénéficiaires de l’invasion américaine de l’Irak en 2003 et l’effondrement de plusieurs régimes arabes en 2011.
 
2- La deuxième étape, appelée l’administration de la sauvagerie, est de loin la plus importante. Après la chute d’un ou plusieurs régimes, une période de chaos s’ensuivrait. Il faudrait profiter de cette situation pour créer une véritable plateforme qui servirait de base pour reconstituer l’unité originelle de la communauté islamique.
 
Pour ce faire, les leaders jihadistes devront recourir essentiellement à trois ingrédients : la violence extrême, la bonne gestion des territoires soumis et la propagande. Terroriser les ennemis et les populations soumises serait l’un des meilleurs moyens pour conquérir des territoires et les conserver. Il serait donc licite d’employer les techniques les plus terrifiantes (massacre, enlèvement, décapitation, crucifixion, flagellation, amputation, bûcher, lapidation, etc.) pour la cause.
 
Une fois la plateforme sanctuarisée, il faudrait bien l’administrer en assurant la sécurité, la nourriture, la santé, la justice et l’enseignement. Autrement dit, créer une structure étatique qui aurait pour principale mission de faire applique la charia dans tous les domaines.
 
Afin de légitimer la politique de la terreur et donner à voir la bonne gouvernance du chaos, la propagande serait l’outil privilégié. Tout doit être fait pour frapper les esprits et catalyser l’imaginaire du plus grand nombre. La maîtrise des outils de communication les plus modernes par les membres de l’organisation Etat islamique laisse penser que ce conseil, comme le premier d’ailleurs, a été pris très au sérieux !
 
3- Si l’un des groupes réussit à franchir les deux premières étapes, il devra le plus rapidement possible proclamer le califat et chercher à fédérer autour de lui les autres groupes jihadistes actifs dans les quatre coins du monde musulman. Cela déclencherait selon Naji une dynamique qui aboutirait tôt ou tard à un nouvel Âge d’or de l’islam.
 
C’est dans l’espoir de réaliser cette utopie, qu’Abou Bakr al-Baghdadi, leader de l’organisation Etat islamique, s’est autoproclamé calife le 29 juin 2014. Plusieurs groupes en Syrie, en Libye, au Nigéria, en Tunisie, au Yémen lui ont prêté serment. Mais cette appel à l’union n’exclut ni les rivalités ni les luttes fratricides comme c’est le cas actuellement entre al-Qaïda et l’organisation Etat islamique.
 
Quid de la lutte contre les Occidentaux ?

 
Contrairement aux leaders historiques d’al-Qaïda qui avaient choisi d’inscrire l’action de leur organisation dans une démarche globale et déterritorialisée, Abou Bakr Naji, lui, veut reterritorialiser l’action jihadiste en proposant une stratégie glocale, c’est-à-dire la capacité à penser globalement et à agir localement.
 
C’est dans cet esprit que les dirigeants de l’organisation Etat islamique et consorts ont préféré se doter d’une base territoriale au cœur des terres de l’islam et assurer leur autonomie financière avant d’aller à l’assaut du monde. Même si des attentats sont perpétrés çà et là au nom de l’organisation, la lutte contre les Occidentaux se retrouve reléguée au second plan. Mais personne ne sait pour combien de temps !
Revenir en haut Aller en bas
GIBET
Admin
avatar

Messages : 11606
Date d'inscription : 19/01/2010
Age : 70
Localisation : Finistère

MessageSujet: Re: L'administration de la sauvagerie : 24 euros/Amazon    7/7/2015, 01:48

"l'Administration de la sauvagerie" nous rappelle l’Hitlérisme, le communisme soviétique , la Chine , la Corée, les maffias ...alors mettre Dieu dans l'affaire pour systématiser la sauvagerie n'est qu'une forme à peine singulière de la folie du pouvoir !

_________________
" Si tu ne sais pas quoi faire de tes mains, transforme les en caresses" (Jacques Salomé)
Revenir en haut Aller en bas
 
L'administration de la sauvagerie : 24 euros/Amazon
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Que faire de 600 euros?
» 22 euros avec shipping pour le kit alice in wonderland mini set OPI ?
» Amazon.fr
» Combien valez-vous d'euros
» Le forum Euros Citoyens vous souhaite à tous de joyeuses Pâques

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Nos Mains :: CONTEMPORAIN :: LE PRESENT (et l'humour)-
Sauter vers: