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 ÉDITORIAL DE L’Action Française 2912 : GUERRE DE CIVILISATION

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Briard
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MessageSujet: ÉDITORIAL DE L’Action Française 2912 : GUERRE DE CIVILISATION   5/7/2015, 08:19

Alors que François Hollande, apprenant l’attentat terroriste commis vendredi 26 juin à côté de Grenoble contre une usine chimique, n’a su qu’ânonner « la nécessité de porter des valeurs et de ne pas céder à la peur, jamais »,...

... Manuel Valls, face à cette première décapitation sur le sol français — les islamistes franchissant, par cet acte culturel, un cran symbolique supplémentaire dans la guerre qu’ils mènent sur notre vieille terre chrétienne contre tout ce qu’elle représente —, a préféré, et à juste titre, parler dimanche 28 [1] de « guerre de civilisation », indisposant du reste plus son propre camp qu’une droite qui a vu dans ce propos un hommage du vice socialiste à la vertu sarkozyste. Il a eu d’ailleurs entièrement raison d’ajouter aussitôt, de peur de ne pas être compris, qu’il ne s’agit pas d’« une guerre entre l’Occident et l’islam » et qu’il n’est pas devenu un disciple d’Hutington. L’Occident, en effet, du moins en ce sens-là, loin d’être une réalité géopolitique, n’est qu’une arme idéologique de destruction massive des Etats-Unis dont la barbarie apparemment plus douce est pareillement dirigée contre la civilisation incarnée par nos vieilles nations européennes... Un « Occident » dont, néanmoins, la politique actuelle du gouvernement français favorise les entreprises, qu’il s’agisse, entre autres exemples, de son opposition à la Russie ou de sa soumission, via l’Europe, dans les négociations sur le traité transatlantique.

La France, chrétienne en son essence, n’est pas en guerre contre l’islam, encore moins contre ses propres ressortissants musulmans, mais, comme l’affirme Aymeric Chauprade, contre le « totalitarisme islamique » et ceux « qui vivent à l’extérieur ou chez nous, profitent d’ailleurs des largesses de notre État-providence tout en étant hostiles à ce que nous sommes, à nos valeurs, à notre civilisation. » [2] Nous ne sommes évidemment pas les seuls menacés et cette guerre est mondiale, comme l’a montré, le même jour, l’attentat commis en Tunisie et visant principalement des touristes. C’est que de nombreux pays européens ont pratiqué et continuent de pratiquer la même politique, qui risque même d’aller s’aggravant sous des prétextes compassionnels, après avoir déstabilisé, à la demande de l’« Occident », une Afrique du Nord et un Proche et Moyen Orient qui n’en demandaient pas tant ! Oui, la cause des attentats est bien « à rechercher dans la mise en place d’une politique étrangère déplorable [...], dans une immigration incontrôlée et incontrôlable, dans une justice complaisante ainsi que dans la destruction de tous les repères traditionnels de notre société. » [3]

Le terme de civilisation a un mérite : celui d’obliger à nommer les choses et à ne plus se contenter de la vaine opposition entre des « valeurs républicaines » et un « terrorisme » également hors-sol. Notre civilisation, c’est tout ce que nous sommes depuis plusieurs millénaires, même lorsque certaines de nos valeurs sont devenues folles, et cette barbarie a un visage, celui d’un fanatisme qui se réclame d’une religion et par rapport auquel les fidèles de cette même religion doivent impérativement et clairement se positionner en cessant de prétendre qu’ils sont les premières victimes. Ainsi, le Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF) a osé relativiser l’horreur de l’attentat en affirmant dans un communiqué que « le vrai danger réside du côté de ceux qui utilisent ces événements pour déverser leur haine contre une partie de la population qui est, de fait, celle qui paye le plus lourd tribut face au terrorisme. » Le Gouvernement peut-il encore considérer comme interlocuteur crédible un « collectif » qui ose prétendre que le danger n’est pas le djihadisme mais une « islamophobie » largement fantasmée et qui, fort heureusement du reste, ne compte encore aucune victime, décapitée ou non ? La désinformation à laquelle s’emploie le CCIF a-t-il pour objectif le désarmement moral de la nation ? Inutile de dire à qui profiterait celui-ci...

Qu’importe qu’on ne puisse savoir si les propos de Manuel Valls, qui rompent avec l’éternel refrain sur LA République, expriment la conviction, toute neuve, d’une France qu’on ne peut réduire à une idéologie ou à un régime politique, ou ne sont qu’éléments de langage concoctés par ses communicants. Il avait déjà évoqué une attaque contre « l’essence même de la France » pour commenter la tentative d’attentat contre deux églises de Villejuif. L’essentiel, en effet, n’est pas que le Premier ministre soit sincère mais qu’il se soit cru obligé de parler ainsi. Que lui, ou ses communicants, comprennent qu’il se suffit plus d’évoquer les « valeurs de la république » sous forme d’incantation magique pour mobiliser les Français contre une entreprise barbare qui menace l’existence même de la nation. Ne rêvons pas ! Nous n’en avons pas fini d’en souper, de ces valeurs, et Valls sera le premier à nous les resservir lorsqu’il s’agira de politique politicienne. Mais c’est un fait : sous ce mot de « civilisation », ambigu, peut-être, mais dont l’ambiguïté même a pour mérite de sortir de la référence plavlovienne à la République, c’est de nouveau la France en son être qui perce, ou tout du moins, l’aveu que le recours à une idéologie — la République, la laïcité — ne peut plus suffire à vaincre dans une guerre cruciale.

Les récents propos de Marion Maréchal-Le Pen, qui ne comprend pas « cette obsession pour la République » et, condamnant la tendance qui « voudrait que la République efface la France », affirme que « la République ne prime pas sur la France », constituent une divine surprise. Sommes-nous à un tournant, provoqué par la véritable indigestion que la « République » commence de provoquer chez les Français, et que seuls ne ressentent pas quelques ringards confits en dévotion ? Une indigestion qui n’est que la révélation d’une imposture : celle d’une religion de substitution ayant cru trouver dans la mondialisation un nouveau ressort pour faire disparaître définitivement un peuple français réel, trop réel. Nos compatriotes se réveillent et, avec eux, le meilleur de l’élite politique. Tant mieux !

François Marcilhac - L’Action Française 2912

- [1] au Grand Rendez-vous d’Europe 1, Le Monde et i-Télé
- [2] Entretien donné à Boulevard Voltaire ce 29 juin.
- [3] Communiqué de l’Action française du 27 juin
- [4] Entretien à la revue Charles

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GIBET
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MessageSujet: Re: ÉDITORIAL DE L’Action Française 2912 : GUERRE DE CIVILISATION   5/7/2015, 12:42

Citation :
Les islamistes franchissant, par cet acte culturel, un cran symbolique supplémentaire dans la guerre qu’ils mènent sur notre vieille terre chrétienne

La France, chrétienne en son essence,
C'est plus une façon de voir les choses que la vérité historique ...mais passons après tout les réactionnaires ne sont pas forcément férus d'Histoire alors ils l'adaptent à leur façon !!  rir2:  rir2:

Pour ma part je me contente de celle-ci déjà très avantageuse pour la chrétienté . Elle est minoritaire , mais touche la minorité de l'intelligensia qui faisait la France. La France de l'université bien sûr , inspirée par la capacité à lire ce qui n'était pas donné à tout le monde. Et lire quoi...la bible traduite en grec et en latin!  
Bref le communautarisme sectaire chrétien est né de petites entités petitement implantées dans les grandes villes universitaires et qui ont su utiliser leurs mots pour influencer notre langue naissante
La France chrétienne? certainement pas la France rurale !!!
Mais aujourd'hui on se moque bien de la ruralité !!!
Citation :

LES DEBUTS DU CHRISTIANISME EN GAULE
Alors qu'en Gaule romanisée triomphe le culte de Rome et de ses empereurs, un nouvel élément se glisse dès le courant du IIè siècle, qui allait avoir une importance capitale dans la destinée de tous les peuples et très particulièrement de peuple français : le Christianisme.

 L'histoire du Christianisme en Gaule commence dès le second siècle et, chose curieuse, ce sont dans les centres officiels du culte païen de l'Etat que se propage la nouvelle religion : Lyon en particulier, Autun, Bordeaux, etc...
 C'est à Lyon que périssent les premiers martyrs : l'évêque saint Pothin et la jeune esclave Blandine[1]. Il est prouvé que dès 177, une communauté chrétienne existait à Autun. Une inscription grecque trouvée en 1839 y célèbre en vers d'une extraordinaire élévation mystique l'Ichtus, le poisson dont, on le sait, les premiers chrétiens avaient fait le symbole de Christ, en des termes voilés où l'on reconnaît des allusions aux sacrements de Baptême et de l'Eucharistie.
 L'évangélisation proprement dite de la Gaule commence entre 236 et 250, lorsque le pape Fabien y délègue sept missionnaires : Paul à Narbonne, Trophisme à Arles, Saturnin à Toulouse, Martial à Limoges, Gatien à Tours, Stremonius (Austremoine) à Clermont, Denis à Paris. Plusieurs de ces noms sont d'origine grecque, ce qui explique pourquoi la liturgie grecque a été, à Paris notamment, utilisée pendant les premiers siècles. Peu de temps après, ce sont les première persécution qui  allaient se multiplier à l'époque de Dioclétien, soit à la fin du IIIè et dans les premières années du IVè siècle : en particulier sainte Foy à Agen, saint Vincent non loin d'Agen, saint Genest à Arles, saint Denis à Paris, saint Lucien à Beauvais, saint Quentin à Vermand, dans l'Aine (qui par la suite allait prendre le nom de son premier martyr) et surtout saint Maurice et la légion Thébaine, entièrement composée de chrétiens, à Agaune, dans le Valais, en Helvétie.
 Quelques souvenirs subsistent sur notre sol de cette première empreinte du christianisme dans la clandestinité. On a la certitude que les chrétiens se réunissaient à proximité des villes dans les endroits où étaient ensevelis leurs morts et où ils célébraient leur culte, comme dans les catacombes romaines : ainsi près de Paris, dans la crypte de Montmartre où se trouvait le tombeau de saint Denis, et au Mons Cetardus (aujourd'hui rue Mouffetard)[2] et qui fut le plus ancien cimetière de Paris.
A Bordeaux les chrétiens se réunissaient auprès des tombeaux en bordure de la route, là où devait s'élever plus tard l'église Saint Étienne, devenue Saint-Sernin, sur l'emplacement de laquelle se trouve de nos jours encore une basilique; enfin à Reims, on a mis à jours, en 1738 un hypogée (une tombe souterraine) indubitablement chrétien et datant probablement du IIIè siècle, qui malheureusement a été  depuis réenterré, si bien qu'on ignore aujourd'hui où il se trouve et qu'on ne le connaît que par les reproductions maladroites qui furent faites alors des peintures qui le décoraient.
Pendant toute cette période clandestine, la vie chrétienne s'est limitée aux villes. Lorsque paraît en 313 l'édit de Constantin qui renversaient la situation et faisait du christianisme la religion officielle de l'empire, les basiliques ne tardent pas à s'élever dans les cités gauloises. Mais les campagnes ne devaient commencer à être atteintes que par les grandes missions d'évangélisation de saint Martin dans le courant du IVè siècle. Celui-ci, convertisseur infatigable, parcourut la vallée de la Loire, la Bourgogne, le Berry et les régions de l'Est, puisqu'on trouve trace de son passage à Trèves (Allemagne).
 Méthodiquement les cultes locaux sont remplacés par le culte chrétien et l'on trouve fréquemment dans les fondations ou sur les emplacements des églises élevées alors les traces d'anciens temples païens : il en est ainsi à Saint-Bertrand de Comminges, à Marseille (La Major), à Aix (Saint-Sauveur), à Vence, à Béziers, etc... Cette substitution d'un culte à l'autre permet de constater une certaine persistance de la religion gauloise malgré la domination romaine, et cela, plus particulièrement dans les campagnes où la présence romaine était moindre. Ainsi à Vandeuvre-du-Poitou (Vienne) qui avait été l'un des principaux marché du pays des bituriges[3], l'ancien temple romain contenait des images de dieux gaulois. A la différence du culte romain qui s'implanta artificiellement en Gaule, le christianisme se propagea naturellement au sein de ce peuple que Jules César déclarait entièrement tourné vers la religion.
 Il est clair que l'influence du christianisme a été extraordinairement profonde dans les destinées du peuple français. Deux faits entre autres en sont un parfait exemple : il y a d'abord l'extrême abondance des mots d'origine chrétienne dans le fond roman de la langue française. Ces mots sont beaucoup plus nombreux que ceux d'origine païennne, ce qui laisse déduire que la formation de notre langue doit beaucoup au christianisme.
 Les vocables vocables d'origine chrétienne foisonnent dans les noms de lieux français; et cela est typique du processus celte; les Gaulois se plaisaient à donner à leurs villages ou leurs hameaux des noms de divinités dont quelques-uns ont subsisté jusqu'à nos jours : ainsi Beaune qui vient de Belenus, dieu de la lumière, Sceaux de Segeta, déesse des moissons, etc... De même l'empreinte chrétienne se marque t-elle par l'extraordinaire abondance de localités portant un nom de Saints. Et parmi celles-là, les plus nombreuses sont celles consacrées à Saint Martin[4], hommage rendu au cavalier magyar, qui fut le plus grand missionnaire des campagnes gallo-romaines.
Ainsi enraciné en Gaule, le christianisme n'allait pas tarder à féconder ce sol et à en faire surgir les magnifiques basiliques qui s'y élevèrent dans le courant du IVè siècle. Beaucoup d'entre elles furent bâties par des évêques et ce fut presque une mode pour les grands personnages de se faire élever des sanctuaires dans leurs villas. C'est ce que fit Sulpice Sévère[5] dans sa villa d'Auch, après avoir été converti par Saint Martin.

[1] http://dossierstorique.over-blog.com/article-27985929.html
[2] http://fr.wikipedia.org/wiki/Rue_Mouffetard
[3] http://fr.wikipedia.org/wiki/Bituriges_Cubes
[4] http://dossierstorique.over-blog.com/article-29185315.html
[5] http://fr.wikipedia.org/wiki/Sulpice-S%C3%A9v%C3%A8re

_________________
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