Nos Mains

Forum de discussion entre amis portant sur l'actualité, la politique, la société et tous les sujets que nous prendrons en Main ensemble.
 
AccueilCalendrierFAQRechercherS'enregistrerConnexion












Partagez | 
 

 Portrait surréaliste de l'homme qui a balancé la Fifa au FBI

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Briard
Admin
avatar

Messages : 5949
Date d'inscription : 05/02/2010
Age : 61
Localisation : CHAMPAGNE

MessageSujet: Portrait surréaliste de l'homme qui a balancé la Fifa au FBI   8/6/2015, 09:45



En mai dernier, le journaliste d’investigation britannique Andrew Jennings, réputé pour ses enquête sur le monde trouble du sport business, publiait un livre prémonitoire « Omertà, la Fifa de Sepp Blatter : histoire d’une mafia ». Il y annonçait que la FBI enquêtait et que des « gros calibres » de la FIFA risquaient la prison. Ce livre choc, plaisant à lire, est disponible en téléchargment numérique sur Amazon .

Capital propose quelques extraits savoureux du chapitre 9 consacré à Chuck Blazer, ancien secrétaire général de la CONCACAF et taupe du FBI en échange de la clémence de la justice américaine. Cet homme à l’appétit gargantuesque a été baptisé le «ventre» (the belly) par Andrew Jennings qui en donne un portrait surréaliste. On découvre ici le train de vie dément et la mentalité tordue d’un oligarque du foot corrompu.

Chuck Blazer vient se remplir la panse dans l’un des restaurants les plus chers du monde. Le football, ça paye bien ! Quand, à la fin de l’année 2012, les nouveaux dirigeants de la CONCACAF ont enfin réussi à le virer, ils lui ont interdit de toucher à l’argent de la confédération. Fini l’accès au distributeur automatique ! Mais malheureusement, ces étourdis ont oublié d’avertir la banque. Pas fou, Chuck s’est dépêché de passer un ordre d’un montant 1,4 million de dollars. Quelques jours plus tard, petite vérification de Chuck auprès de sa propre banque dans le paradis fiscal des Iles Caïmans. Le transfert a-t-il bien eu lieu ? C’est bon. L’argent était, bel et bien, là sur son compte. « Yessss ! »

Si vous avez la chance ou la malchance de croiser un jour Charles Gordon Blazer, vous n’êtes pas prêt de l’oublier ! C’est un monstre aux bras et aux jambes bien dodus, à la tête extra large et affublée d’une magnifique barbe blanche de père Noël. Regardez ! A-t-on jamais vu pareille bedaine ? On croirait une ombre gigantesque à la nuit tombante. Chuck est tellement gros qu’il est bien incapable de conduire une voiture. Pour le transporter, la FIFA doit même lui louer un van avec des portes coulissantes. En tous cas, ses parties intimes ne sont pas prêtes de voir le soleil ! Mais comment fait-il pour avoir un ventre pareil ? Pourquoi n’arrête-t-il jamais de se bâfrer ? Pourquoi passe-t-il son temps à blogger, photographies à l’appui, pour exhiber le moindre de ses faits et gestes ? Chuck est tellement fier ! Il n’arrête pas de rencontrer des ministres et des présidents, des reines de beauté, des milliardaires et des stars du football. Il pourrait quand même la jouer un peu profil bas. Pourquoi a-t-il cet impérieux besoin de se montrer dans les meilleurs restaurants, en train de déguster un grand cru ? Mais pourquoi veut-il que l’on s’intéresse à lui ? Quel est le secret de sa voracité ?

Je l’ai suivi pendant plus de dix ans. Tout ce qu’il faisait sentait la corruption à plein nez, toujours en train de faire de la gratte par-ci par-là. J’ai voulu comprendre comment il s’y prenait. Grâce à une fuite en 2011, j’ai enfin eu la preuve qu’il avait pris au moins 20 millions de dollars dans les caisses du football, plus quelque chose de plus énorme encore...

Maintenant je crois avoir trouvé la raison de son si gros ventre. Chuck Blazer savait que l’IRS (le fisc américain) et le FBI finiraient par lui tomber dessus. Donc, chaque jour, chaque repas pouvait être le dernier avant que ses bourreaux ne l’emmènent. En attendant ce sort funeste, il lui fallait bien manger, manger cher, manger riche, manger les meilleurs plats mitonnés dans les meilleures cuisines du monde... Et peut-être, qu’avant de monter sur l’échafaud, il pourrait faire sauter ses liens et s’échapper (…)

Vers le milieu des années 90, la CONCACAF a changé l’adresse de son siège pour aller s’installer au 17ème étage de la Trump Tower sur la cinquième avenue à New-York. Découvrant cette nouvelle superbe adresse, Chuck a aussi décidé de déménager. Et il a choisi de s’installer un peu plus haut, dans un nid douillet du 49ème étage. Il s’y est fait aménager un bureau dans son luxueux appartement.

Mel Brennan, qui s’était lancé dans l’aventure de la CONCACAF simplement parce qu’il aimait le football, se souvient de la première fois où il fut convoqué par le boss. (…) «Neuf jours après avoir été nommé Chef des projets spéciaux de la CONCACAF, je fus invité à dîner par mon patron. «Tu sais où on va ?, me demanda Chuck en rigolant. Scores. On va passer une très longue nuit !» Scores ? Le fameux strip-club... Toute une partie de «Scores» avait été réservée pour la nuit à l’intention d’un groupe de la CONCACAF. A côté du filet mignon, un petit massage d’épaules et, dans un coin, une télévision, avec un match de football.

Au moment de partir, Chuck paya la note. La méthode surprit quand même Mel Brennan. La carte American Express de Blazer était noire ! Mel n’en avait jamais vu de telle. Peu de gens possèdent ce genre de cartes, connues sous le nom d’AMEX Centurion. Ce n’est pas la peine d’appeler pour l’inscription. C’est un club sur invitation uniquement. Les détenteurs de ce genre de cartes détiennent en moyenne 16,3 millions de dollars de patrimoine et un revenu annuel de 1,3 million de dollars. Blazer avait mis en place tout une chaîne de cartes de crédit à la CONCACAF qui finissait obligatoirement sur la sienne, sa Centurion, tout ceci pour accumuler des points récompenses AMEX. Entre 2004 et 2011, la CONCACAF mis pratiquement 30 millions de dollars sur sa carte. Blazer affirme, de son côté, que seulement 3 millions lui étaient vraiment destinés. Les enquêteurs dépêchés par la nouvelle équipe de la CONCACAF sont d’un autre avis, mais ils manquent de preuves. Quoi qu’il en soit, ces 3 millions de dollars étaient quand même payés par les caisses de la Confédération pour le bon plaisir de Chuck.

Chuck Blazer a sorti plus de 20 millions de dollars pour les placer dans des comptes off-shore des Îles Cayman et des Bahamas entre 1990 et 2012, date de son renvoi. Quand Jack Warner devint Président de la CONCACAF en 1990, il décida de choisir Blazer pour devenir Secrétaire général. Contrairement à toutes les bonnes règles de gouvernance, Blazer fut aussi nommé Trésorier. En fait, il ne rapportait qu’à lui-même. Personne d’autre n’était habilité pour étudier de près les finances de la CONCACAF.

Blazer signa un contrat avec une compagnie privée (dont il était le propriétaire) pour l’aider dans son rôle de secrétaire général. Le point majeur était évidemment sa rémunération mensuelle et ses bonus sous forme d’une commission de 10% prélevée sur toutes les rentrées de sponsoring et de droits TV. Les commissions et la rémunération mensuelle étaient envoyées - off-shore évidemment - à la Barclays Bank de Grand Cayman et à la First Caribbean International Bank aux Bahamas. Ces comptes appartenaient soi-disant à des compagnies dépendant de la CONCACAF. En fait, ce n’était que des coquilles vides qui n’ont jamais rendu le moindre service à la CONCACAF à part blanchir l’argent de ce bon vieux Chuck.

Le contrat initial de Blazer avait expiré en 1998 et n’avait jamais été renouvelé. Mais cela ne le gênait en rien, car Jack Warner (le prédident de la CONCACAF) n’arrêtait pas de balancer d’énormes sommes d’argent sur ses comptes off-shore. De plus cela réduisait les chances d’être découvert par le fisc américain. Blazer avait aussi un autre compte dans une branche de la banque Merrill Lynch aux Caïmans. Il s’en servait pour encaisser les profits des ventes illicites de billets de la Coupe du Monde.

Sans aucun officiel de la CONCACAF pour le surveiller, Blazer utilisa tranquillement ses 10% de commission sur le sponsoring et les droits TV pour acheter des tickets de match, louer des suites luxueuses, des parkings et des concessions dans des stades. Il se servit ainsi à hauteur de plus de 2 millions de dollars par an. Mais si vous jetiez un regard dans les comptes de la CONCACAF – et peu de gens étaient autorisés à le faire – vous ne pouviez trouver la moindre mention concernant les revenus du secrétaire général. Il y avait juste une ligne marquée «Commissions», sans aucune autre explication.

De temps en temps, pour faire retomber la pression, Blazer réinjectait dans le circuit de la CONCACAF une partie des sommes qu’il avait déjà prélevées. En octobre 2008, il sortit ainsi 150.000 dollars d’une de ses petites compagnies bidon et tira trois chèques de 50.000 dollars le même jour. Une autre fois, il fit deux paiements de 500.000 dollars. Chaque année, il se fabriqua ses «commissions» et ses «revenus» dans les comptes de la CONCACAF et déduisit tous ses frais de location de la Trump Tower et tous ses frais divers. Il n’y a aucune preuve qu’il ait, un jour, payé quoi que ce soit de sa propre poche.

Le loyer mensuel pour le luxueux appartement de la Trump Tower était de 18.000 dollars. Un tiers était payé directement par la CONCACAF. Les deux tiers restant étaient pris sur les « frais » payés à Blazer. Il vivait gratuitement !

Chuck vit qu’il avait une chance d’imiter son ami Warner et d’arriver enfin à la FIFA. En décembre 2005, dans le département financier de la FIFA, le vice-président Jack Warner a validé un paiement de 3 millions de dollars à la CONCACAF pour la construction d’un studio télé. Ceci avait été approuvé par le département Marketing et télévision, alors dirigé par le Français Jérôme Valcke, l’actuel secrétaire général de la FIFA. Ce paiement fut ensuite validé par Jeffey Webb, le président de la Fédération des Îles Caïmans, membre du comité d’Audit interne de la FIFA. Blazer étudia ce versement de très près et s’offrit une commission de 10%, soit 300.000 dollars. Il partit avec sans problème ! Avec un tel exemple, vous pouvez commencer à imaginer le nombre de magouilles, de remboursements de frais extravagants, d’indemnités de représentation bidon et autres, pendant les dix-sept années passées par Chuck au Comité Exécutif de la FIFA.

Blazer et Warner ont bien failli se faire ramasser au printemps 2002, à l’occasion de la conférence de la CONCACAF organisée au Lowes Beach Hotel de Miami Beach. J’étais là mais l’admission me fut refusée. Contrairement à toutes les conférences parrainées par la FIFA, la presse n’était pas acceptée. Par hasard, je me suis pourtant retrouvé avec Warner, dans un ascenseur bondé. On montait lentement et je lui ai demandé, devant une vingtaine de touristes américains, de bien vouloir m’expliquer pourquoi il était opposé à la liberté de la presse. Il rumina sans desserrer les dents, fou de rage.

Son gros problème, ce week-end-là, était un souhait émis par la Fédération mexicaine. Cette dernière voulait remplacer Warner par un ancien arbitre des années 90, Edgardo Codesal. Elle voulait également des éclaircissements de la part de Blazer sur quelques éléments un peu bizarres du rapport financier. Un délégué mexicain se leva et posa sept questions. Il s’interrogeait sur la cohérence et la façon de présenter les chiffres. Ainsi, il voulait savoir à quoi correspondaient les presque deux millions de dollars inscrits dans la catégorie «commissions», mentionnés dans la partie marketing du rapport financier. Blazer répondit «cela correspond à une décision du comité exécutif prise en 1990, de compenser les frais du secrétaire général via des commissions sur les rentrées d’argent liées au marketing et au sponsoring. Il est bien entendu que tout cela, ainsi que les autres dépenses, est en ligne avec les budgets approuvés par le congrès.»

Normalement, toutes les conférences de la CONCACAF étaient enregistrées. Mais quand les enquêteurs écoutèrent la fameuse cassette de 2002, elle était vide.... La réponse de Blazer avait été effacée de la bande son (...).
© Capital.fr

_________________
Fuis les éloges, mais essaie de les mériter
F Fenelon
« Une heure glorieuse vaut une éternité obscure. »
Alan SEEGER

Bonjour à toi Invité
 http://www.tvlibertes.com/
Revenir en haut Aller en bas
GIBET
Admin
avatar

Messages : 11606
Date d'inscription : 19/01/2010
Age : 70
Localisation : Finistère

MessageSujet: Re: Portrait surréaliste de l'homme qui a balancé la Fifa au FBI   9/6/2015, 01:31

Je crois que si un jour il me prenait la fantaisie de signer pour le rétablissement de la peine de morts , ce serait en priorité pour des parasites comme ça!

_________________
" Si tu ne sais pas quoi faire de tes mains, transforme les en caresses" (Jacques Salomé)
Revenir en haut Aller en bas
Briard
Admin
avatar

Messages : 5949
Date d'inscription : 05/02/2010
Age : 61
Localisation : CHAMPAGNE

MessageSujet: Re: Portrait surréaliste de l'homme qui a balancé la Fifa au FBI   9/6/2015, 06:18

Au niveau du pays FRANCE, on a les mêmes ordures, avec malheureusement une multitude de "Blazer", qui s'en mettent plein les poches sur notre dos !!
A quand le grand nettoyage de printemps. *hw:

_________________
Fuis les éloges, mais essaie de les mériter
F Fenelon
« Une heure glorieuse vaut une éternité obscure. »
Alan SEEGER

Bonjour à toi Invité
 http://www.tvlibertes.com/
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Portrait surréaliste de l'homme qui a balancé la Fifa au FBI   

Revenir en haut Aller en bas
 
Portrait surréaliste de l'homme qui a balancé la Fifa au FBI
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» La base surréaliste des communes belges
» Droit de l'homme et démocratie
» L'eau potable art31 déclaration univers droits l'homme
» les objets nécessaires à l'homme....et dans la vraie vie
» Qu'est-ce qu'un homme bon ?

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Nos Mains :: CONTEMPORAIN :: LE PRESENT (et l'humour)-
Sauter vers: