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 Miserere...

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klary
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MessageSujet: Miserere...   28/2/2015, 12:04

Alphonse Daudet — Les Amoureuses


MISERERE DE L'AMOUR                [Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]

Miserere !
Encore une fois, ma colombe,
O mon beau trésor adoré,
Viens t’agenouiller sur la tombe
Où notre amour est enterré.
Miserere !
I
Il est là dans sa robe blanche ;
Qu’il est chaste et qu’il est joli !
Il dort, ce cher enseveli,
Et comme un fruit mûr sur la branche,
Son jeune front, son front pâli
Incline à terre, et penche, penche…

Miserere !
Regarde-le bien, ma colombe,
O mon beau trésor adoré,
Il est là couché dans la tombe,
Comme nous l’avons enterré,
Miserere !
II
Depuis les pieds jusqu’à la tête,
Sans regret, comme sans remord,
Nous l’avions fait beau pour la mort.
Ce fut sa dernière toilette ;
Nous ne pleurâmes pas bien fort,
Vous étiez femme et moi poète.

Miserere !
Les temps ont changé, ma colombe,
O mon beau trésor adoré,
Nous venons pleurer sur sa tombe,
Maintenant qu’il est enterré.
Miserere !
III
Il est mort, la dernière automne ;
C’est au printemps qu’il était né.
Les médecins l’ont condamné
Comme trop pur, trop monotone :
Mon cœur leur avait pardonné…
Je ne sais plus s’il leur pardonne.

Miserere !
Ah ! je le crains bien, ma colombe,
O mon beau trésor adoré,
Trop tôt nous avons fait sa tombe,
Trop tôt nous l’avons enterré.
Miserere !
IV
Il est des graines de rechange
Pour tout amoureux chapelet.
Nous pourrions, encor, s’il voulait,
Le ressusciter, ce cher ange.
Mais non ! il est là comme il est ;
Je ne veux pas qu’on le dérange.

Miserere !
Par pitié, fermez cette tombe ;
Jamais je n’avais tant pleuré !
Oh ! dites pourquoi, ma colombe,
L’avons-nous si bien enterré ?
Miserere !

_________________
Nos ennemis peuvent couper toutes les fleurs, mais ils ne seront jamais maîtres du printemps". Pablo Neruda
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GIBET
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MessageSujet: Re: Miserere...   2/3/2015, 12:00


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GIBET
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MessageSujet: Re: Miserere...   2/3/2015, 12:08

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Il était une fois, une jeune Colombe au plumage de neige. Elle portait en son bec un message que lui avait confié un vieux sage. Mesurant l’importance de la mission, elle avait fait preuve de déférence et sa frêle poitrine s’était gonflée d’assurance. Le vieux sage lui avait murmuré ces quelques mots en guise d’adieu :
« Vole jeune Colombe, va dire au Monde comme il se trompe! »
La jeune Colombe posa un dernier regard sur le vieil Homme et s’efforça de graver son visage dans sa mémoire. Elle déploya ses ailes et s’élança à la conquête du Bois.

Elle ne tarda pas à rencontrer un Crapaud, qui l’avait interpellé alors qu’elle volait à une dizaine de mètres au dessus du sol. Prise au dépourvue, elle ouvrit grand son bec et laissa tomber le message qui vint se perdre près de la Mare. La Colombe fut bien en peine quand il s’agit de chercher la missive au milieu des herbes folles. Le Crapaud se gaussait de la situation et toisait la malheureuse Colombe d’un air torve. La Mare et ses environs ne recelaient aucun secret pour lui. Il retrouva le message avec une facilité déconcertante et entreprit d’en faire la lecture à haute voix :
Ceci est un message de paix. Il s’adresse à toutes les créatures du Bois. Tout ce en quoi je crois a été déformé. Le Vent a colporté des rumeurs à mon sujet. Mes vérités ont été falsifiées et mes entreprises galvaudées. Les apparences ne sont pas menteuses, elles sont réductrices. Je suis un Univers à l’intérieur de votre Monde. J’ai tant de choses à partager que je ne sais par où commencer. Je n’ai cure du consensus. Je n’ai qu’une envie, que l’on échange, que l’on partage. Je ne m’inscris pas dans une logique de défiance ou d’affrontement. Je porte ma dignité comme un fardeau et écrire ces mots me pèsent. Créatures du Bois, je vous en conjure, venez me découvrir ou me redécouvrir !
Le Crapaud regarda successivement le message, la Colombe puis à nouveau le message et partit dans un éclat de rire. Suffoquant, il parvint tout de même à reprendre assez de contenance pour pointer sa patte visqueuse en direction de la blanche colombe. Il la défia :
-Tu es bien naïve chère Colombe ! Ton message transpire la suffisance, je sens son odeur rance titiller mes narines ! Tu crois pouvoir changer le Monde ? Je hais les moralisateurs de ton espèce. Regarde ton reflet dans cette Mare si tu l’oses ! Tu prétend vouloir mettre les créatures du Bois face à leur contradictions mais tu n’es même pas capable de reconnaître les tiennes ! Tu te rendras compte bien assez vite qu’aucune créature ne voudra perdre son temps avec toi. Tu nous abhorres au fond de ton être, je le sais. En vérité, je ne te déteste pas pour ce que tu es mais pour ceux que tu hais ! Tout n’est qu’habillage chez toi. Ton message fleuri cache bien des choses. Tu peux te couvrir d’une parure blanche et te dire colombe, à mes yeux tu resteras un Pigeon. Un Pigeon Voyageur, mais un Pigeon quand même !
Le monde de la jeune Colombe s’était écroulé un peu plus à chaque mot prononcé par le Crapaud. Les claquements de langue qui venaient ponctuer chacune de ses phrases meurtrissaient sa chair. Son bec orangé qui jusqu’alors flamboyait comme un lever de soleil triomphant semblait terni à jamais. Pire encore, la Colombe était clouée au sol. Elle ne pouvait plus voler !
 
La jeune Colombe erra longtemps dans le Bois. Epuisée, elle s’affaissa contre un arbre, enfoui sa tête menue sous son aile droite et laissa libre cours à son chagrin. Des larmes perlèrent au coin de ses yeux et s’écoulèrent le long de son plastron.
-Tu savais que les colombes pouvaient pleurer toi ? Demanda une voix
-Je t’avouerai que non. Tu crois que je peux récupérer une de ses larmes ? Répondit une seconde voix
-Et tu en ferais quoi je te prie ?
-Aucune idée pour l’instant. On pourrait la revendre au vieux Hiboux. Il achète n’importe quoi depuis qu’il a mangé un gland avarié. J’ai même entendu dire qu’il a essayé de se procurer des poils du derrière de celebrity porn video Biquette. Tu penses bien qu’elle n’a pas beaucoup apprécié, surtout qu’il a essayé de les extirper avec un …
Les deux voix durent interrompre leur conversation car la Colombe les regardait avec un étonnement grandissant. Ce n’est pas souvent qu’un volatile a l’occasion de se retrouver face à un renard et un lion.
-Qui êtes vous ? Demanda la Colombe d’une voix mal assurée
-Je suis maître Renard et lui c’est le Lion, dit le Renard. Nous sommes en charge de l’éducation des créatures du Bois.
-Je n’aime pas trop la manière dont tu présentes les choses, intervint le Lion. Pourquoi toi tu es « Maitre » Renard alors que moi, je suis juste  « le » Lion ?
-On en a déjà discuté, fit maître Renard exaspéré. Tu as raté ton grand Oral parce que tu as essayé de manger ton examinateur.
-C’est pas un examinateur, c’est une saleté de Corbeau qui …
Maitre Renard et le Lion durent à nouveau mettre prématurément un terme à leur discussion car la Colombe s’était remise à pleurer.
-Mais pourquoi pleures-tu petite Colombe ? Je ne vais pas te dévorer, lui promis le Lion .
-Je n’ai pas peur d’être mangée, hoqueta la Colombe. J’ai un message à diffuser mais mon cœur a été brisé par les mots d’un Crapaud éhonté.
-Tu es trop docile, jeune Colombe, pointa maitre Renard. Le Crapaud peut parfois être cru mais tu dois être en mesure de passer outre ses dires. Si tu tiens à ton message, redresse la tête et vole à la rencontre des autres créatures du Bois. Il y en a des milliers qui sont intéressées par ce que tu as à raconter.
-C’est ça, muscle ton jeu petite Colombe, résuma le Lion.
-Je ne peux plus voler, déglutit la jeune Colombe. Mes ailes sont tétanisées et les mots coincés en travers de ma gorge.
-Dans ce cas, nous allons te rendre ailes petite Colombe, asséna le Lion. Réunis 120 noix auprès des créatures de ce Bois et tu pourras à nouveau voler et transmettre ton message.
La jeune Colombe partit alors en quête des 120 noix. En chemin, elle fit plusieurs rencontres.
Elle vit tout d’abord un félin qui la dévisageait de ses yeux vert. Son regard perçait la jeune Colombe de part en part et elle se sentit frémir :
-Qui es-tu ? Demanda-t-elle .
-Je suis le CSG, répondit le félin.
-Le CSG ? S’étonna la Colombe.
-Le Chat Sauvage de Gouttière. Je suis la plus vieille créature de ce bois.
La Colombe fit mine de s’enfuir, mais privée de ses ailes, la tentative apparaissait désespérée. Le CSG la rattrapa en un bond tout en souplesse :
-Pourquoi t’éloignes tu de moi ?
-Les félins mangent les oiseaux, c’est la loi de la Nature, lui expliqua la Colombe. Le Crapaud m’a mis en garde, nous sommes trop différent l’un de l’autre. Pour m’en convaincre, il m’a même raconté les mésaventures de sa cousine la Grenouille. Elle a été abordée un jour par un Scorpion qui voulait traverser la Rivière. Ne pouvant nager, il l’a imploré des heures durant pour que la Grenouille accepte de le prendre sur son dos. La Grenouille refusait catégoriquement car elle savait très bien que le Scorpion ne peut réprimer ses envies de piquer. Le Scorpion a tellement insisté qu’elle a fini par céder. Au milieu de la traversée, le Scorpion l’a piqué. La Grenouille s’est retournée et lui a dit  » Mais pourquoi? Tu es fou!  » Le Scorpion lui a confessé:  » Je n’y peux rien c’est dans ma Nature! ». La Grenouille et le Scorpion ont péri tous deux, l’une foudroyée par le venin, l’autre noyé.
Le CSG ronronna et lissa ses moustaches avec sa patte gauche. Il fit mine de réfléchir un instant et finit par dire :
- Le Scorpion était lié à la Grenouille par stratégie. Sa Nature a pris le dessus car sa démarche n’était pas désintéressée. Tu insistes sur ce qui nous sépare jeune Colombe mais ce qui nous rapproche est plus fort encore. Ce n’est pas une Rivière que nous pouvons traverser ensemble mais la Vie. Nous évoluons dans le même Bois. Les arbres peuvent nous apparaître dans une couleur différente mais il s’agit toujours bel et bien des mêmes arbres. J’ai beau être un chat, le chant des oiseaux m’est agréable et chaque fois que tu gazouilleras, tu me trouveras non loin de toi. Tu n’as rien à craindre de moi, tout comme je n’ai rien à craindre de toi. Reviens me voir quand tu auras trouvé tes 120 noix. Ensemble, nous pourrons discuter et refaire le Monde.
Le cœur de la Colombe sorti apaisé de cette rencontre. A peine eut-elle fait quelques pas, qu’elle tomba nez à nez avec un Singe qui gesticulait dans tous les sens.
-Qui es-tu ? Demanda la jeune Colombe
-Je suis le SPMA, répondit le Singe.
-Le SPMA ? s’interrogea la Colombe
-Le Singe Pensant des Montagnes de l’Atlas, s’enorgueillit le SPMA. Je suis hyperactif, je réunis tout plein de créatures de la Forêt aussi souvent que possible et ensemble, on parle de ce qui se passe par delà les montagnes de l’Atlas, tu connais les montagnes de l’Atlas ?
-Bien sur, je …
-Les montagnes de l’Atlas, c’est beau, c’est cool, c’est magnifique . Mais plus loin, t’as le Nil, tu connais le Nil ?
-En fait, je …
-Le Nil, c’est encore plus grand comme contrée ma Colombe. J’ai des potes là-bas qui ont chassé un Lion qui commandait aux créatures du Désert. Ils ont dégagé le Lion que je te dis ! Tu te rends compte ? On en reparlera ensemble si tu veux, j’ai 120 noix à récolter.
-Toi aussi ?
-Oui oui. On a beaucoup de centres d’intérêts en commun toi et moi, nos chemins se recroiseront bientôt.
Le SPMA grimpa dans un arbre à une vitesse ahurissante et disparut, laissant derrière lui un bruit de feuillage.
La jeune Colombe reprit sa route. Alors qu’elle s’abreuvait dans une flaque d’eau, elle fit connaissance avec une Biche :
-Qui es-tu ? Demanda la Colombe
-Je suis une Biche, répondit la Biche. J’ai soif de savoir. Maitre Renard et le Lion ont mis à ma disposition un puits sans fond, mais j’ai toujours soif.
-Je connais beaucoup de choses, lui avoua la Colombe. J’ai un message à faire passer et si tu es intéressée, ensemble nous pourrons essayer d’étancher notre soif. Voilà sur quoi porte mon message.
La Biche lut attentivement le message de la Colombe et quelque chose sembla la perturber. Elle s’en enquit auprès d’elle :
-Je ne partage pas les croyances qui figurent dans ce message, jeune Colombe. Mais le contenu m’intéresse. Es-tu réellement ouverte à la discussion ?
-Maintenant plus que jamais, Biche ô ma Biche ! Viens me voir avec tes interrogations, tes certitudes et tes convictions. Ensemble, nous deviserons jusqu’à la tombée de la nuit. Et si le cœur t’en dit, donne moi une de tes noix, cela m’aidera à retrouver mes ailes et je pourrais ainsi te faire partager la vision à travers laquelle le Monde m’apparait.
-Je vais y réfléchir, répondit la Biche. J’ai deux noix en ma possession et j’en ferai bon usage. Sache tout de même que vous êtes une centaine de créatures à en faire la collecte.
La Colombe avait à présent le cœur léger. Elle espérait trouver rapidement ses 120 noix pour pouvoir préparer sereinement ses activités avec les créatures du Bois. Perdue dans ses pensées, elle finit par échouer dans un endroit qui lui semblait familier. Un coassement vint la conforter dans cette idée.
-Tiens, revoilà le Pigeon ! Lui lança le Crapaud
-Écoute moi bien, face de pustules, répondit la Colombe du tac au tac. Je n’oblige personne à adhérer au message qui m’a été confié. Je ne suis pas venu dans le bois pour en découdre et j’en ai assez que tu me pousses dans mes retranchements. Je porte en moi des idéaux, je les défendrai bec et ongles car ils sont ce que j’ai de plus cher. Si mon message ne t’intéresse pas, libre à toi de passer ton chemin. Je n’ai pas de temps à perdre avec tes inepties. Il y a des centaines de créatures qui ne demandent qu’à échanger, découvrir, réfléchir et s’épanouir. C’est à elles que je veux consacrer toute mon énergie. Alors crache ta rancoeur ailleurs car ta bave ne peut m’atteindre Crapaud !
La Colombe ouvrit ses ailes de toute son envergure , bien qu’elle ne put encore voler. Le Crapaud était décontenancé, car sous ses yeux, la Colombe s’était transformée en Aigle.


Avertissement : Ceci est un conte. Donc forcément, tout est simplifié et le Bois est un Monde de Bisounours où tout paraît clivé. Il n’y pas de dimension messianique cachée. Vous l’aurez compris, la Colombe, c’est nous, Salaam Sciences Po’. Dans la réalité, on est pas aussi naïf et jamais un Crapaud ne nous aurait fait pleurer. Notre message est le suivant : nous aspirons à initier, promouvoir et animer des débats sur des sujets liés à l’Islam. Pour parvenir à ces fins, nous disposons d’un large panel d’activités comprenant aussi bien des conférences que des ateliers de réflexions, des articles d’opinions, des expositions et encore tout plein d’autres choses. Pour ce faire, nous avons besoin de vos voix ! Et attention, le premier qui se ramène à notre stand avec une noix pour faire le malin, se verra asséner un coup de griffe mémorable.
KH


Ce contenu a été publié dans Articles d'opinion par salaamscepo. Mettez-le en favori avec son permalien.

Une réflexion au sujet de « L’envol de la Colombe: un conte sur la procédure de reconaissance des associations de Sciences Po’. »

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MessageSujet: Re: Miserere...   2/3/2015, 12:10

Citation :

La Fourmi et la Colombe


Une fourmi pressée par la soif était descendue dans une source et, entraînée par le courant, elle était en train de se noyer. Une colombe, l’ayant aperçue, détacha un rameau d’un arbre et le jeta dans la source ; la fourmi monta dessus et fut sauvée. Sur ces entrefaites un oiseleur s’avança avec ses gluaux ajustés pour prendre la colombe. La fourmi s’en étant aperçue, mordit le pied de l’oiseleur, qui, sous le coup de la douleur, jeta ses gluaux et fit aussitôt envoler la colombe.
Cette fable montre qu’il faut payer de retour ses bienfaiteurs. (ESOPE)

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MessageSujet: Re: Miserere...   2/3/2015, 12:14

L'Hiver et le Printemps


L'Hiver un jour se moqua du Printemps et le chargea de reproches. Aussitôt qu'il paraissait, personne ne restait plus en repos ; l'un allait aux prés ou aux bois, se plaisant à cueillir des fleurs, des lis et des roses, à les faire tourner devant ses yeux et à les mettre dans ses cheveux ; l'autre s'embarquait, et, à l'occasion, traversait la mer pour aller voir d'autres hommes ; personne ne prenait plus souci des vents ni des averses épaisses. «Moi, ajoutait-il, je ressemble à un chef et à un monarque absolu. Je veux qu'on tourne ses yeux, non pas vers le ciel, mais en bas vers la terre, et je force les gens à craindre et à trembler, et à se résigner parfois à garder le logis toute la journée. — C'est pour cela, répondit le Printemps, que les hommes ont plaisir à être délivrés de ta présence. De moi, au contraire, le nom même leur semble beau, le plus beau, par Zeus, de tous les noms. Aussi, quand j'ai disparu, ils gardent mon souvenir, et, dès que j'ai paru. ils sont pleins d'allégresse.»
ESOPE

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