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 OPERATION MIMOSA

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guy61

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MessageSujet: OPERATION MIMOSA   12/2/2015, 11:21

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Briard
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MessageSujet: Re: OPERATION MIMOSA   12/2/2015, 14:09

Parfois il est bon de remettre l'Histoire en place.

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guy61

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MessageSujet: Re: OPERATION MIMOSA   12/2/2015, 16:34

Merci pour le dossier Putch avril 1961.......je me souviens le jour où
malheureusement le Gal SALAN a été arrêté, dans une villa
une rue qui donnait Bd Saint Saens près de SHELL ALGERIE, les PN de notre région
nous nous rendons sur sa tombe tous les ans (à VICHY)
le 10 Juin ..........savez vous que le s......gal KATZ est enterré à EBREUIL près de
Gannat, de son vivant à la retraite Mr s'était
présenté aux élections de Maire d'Ebreuil et nous etions monté faire "une baroufa"
dans le village en expliquant qui il était!
son "rêve" s'était évanoui !!!!!!
Isabelle
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guy61

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MessageSujet: SACRE HANNIBAL......   12/2/2015, 18:32

...........tu parles de KATZ, je rebondis

TÉMOIGNAGE DE 
Monsieur J.Henry FOURCADE

Le témoin était en 1962 juge d'instruction au Tribunal de Grande Instance d'Oran et Président du Tribunal Militaire de Colomb-Béchar.
"En ce mois de juin 1962, la population d'Oran désabusée et sou­mise à l'inquisition permanente et meurtrière prépare son démé­nagement qu'elle pressent devoir être définitif. Dans la dernière quinzaine de juin, des camions de l'armée munis de haut-parleurs parcourent les rues de la ville et des faubourgs pour rassurer la population et lui affirmer que l'armée restera pen­dant trois ans pour assurer la sécurité des personnes et des biens.
Des fenêtres, on entend monter les cris de "menteurs". L'épouse du commandant Olivier, de l'Etat-major du Général Katz qui habi­te notre immeuble, nous précise que cette affirmation est effecti­vement mensongère car l'armée doit être consignée donc inca­pable d'assurer toute mission extérieure à ses casernes.
Cette lourde inquiétude est aussi palpable au sein du Palais de Justice. Aussi, dans les derniers jours de juin, les chefs de la Cour d'Appel saisissent officiellement le Général Katz qui semble inves­ti de tous les pouvoirs, pour lui demander si, après le 2 juillet, les magistrats doivent continuer à assurer leur service ou bien, avec leur famille, se regrouper dans des locaux prévus à cet effet. Par retour du courrier, le Général Katz précise que les magistrats doi­vent rester à leurs postes et que leur sécurité et celle de leurs familles serontassurées quoi qu'il arrive.
Le 2 juillet, le référendum sur l'indépendance de l'Algérie se déroule sous le contrôle armé du FLN, donc sans surprise.
Le 3 juillet, les européens, par prudence, restent chez eux. Par contre, les musulmans envahissent les rues du centre ville où on ne les voyait plus depuis quelques temps. Il faut rappeler qu'Oran est, à ce moment, une ville de 400.000 habitants dont 80.000 musulmans.
Le 4 juillet, la vie reprend progressivement son cours, mais, l'après-midi, les musulmans paraissaient très nerveux et les regards de certains ne laissaient aucun doute sur leurs senti­ments. En fin d'après-midi, je vois des colonnes de voitures circu­ler en ville à une vitesse folle. On sent que quelque chose se pré­pare. Le Général Katz, qui doit être renseigné, ne donne à la popu­lation aucune consigne de prudence.
Le 5 juillet est l'anniversaire de la capitulation d'Alger en 1830. La victoire du FLN représente une suprême revanche. C'est donc jour férié pour les musulmans.
Je quitte vers 9 h 30 mon appartement situé quartier Bel-Air, au-des­sus de la nouvelle préfecture, pour me rendre, avec Louis Daste, substitut au Tribunal, rue de la Bastille pour faire des provisions car beaucoup de commerces sont fermés. Tout paraît normal. De là, nous nous rendons au Tribunal, Square Garbé. Un moment plus tard, nous entendons des coups de feu provenant de la ville, suivis bientôt d'une vraie fusillade. Comprenant qu'il se passe des événements graves, nous fermons les grilles extérieures et la porte en bois monumentale du Tribunal.
Après un moment d'attente, nous voyons apparaître sur le square des hommes armés parmi lesquels on reconnaît des uniformes de la force locale.
Certains prennent position derrière le kiosque à musique, d'autres, réussissant à ouvrir des voitures en stationnement devant le Tribunal, les mettent en marche, quelques uns percutant directe­ment les arbres du square.
Les embusqués derrière le kiosque à musique, voyant des per­sonnes regarder de l'intérieur du Tribunal, par les fenêtres, se met­tent à tirer sur ces fenêtres et sur la porte centrale. Nous pensons que l'assaut va être donné au Tribunal. A peine une vingtaine de personnes, magistrats et employés du Tribunal et de la Cour d'Appel, sont à l'intérieur du bâtiment, sans la moindre arme.
Le Général Katz avait fait enlever des pièces à conviction des armes à feu et même les simples couteaux. Donc, aussitôt, le magistrat présent le plus gradé, l'avocat généra! Lapeyre, téléphone au Général Katz pour l'informer de ce qui se passe et lui demander d'intervenir aussitôt, selon les indications de sa missive dont l'encre est à peine sèche. Le général Katz répond qu'il va faire le nécessaire. Le temps passe. Puis l'avocat général rappelle l'Etat-major pour s'étonner du retard. Un officier embarrassé l'informe que le général est parti et qu'il n'a laissé aucune consigne à notre sujet.
Nous comprenons que nous sommes abandonnés à notre sort. L'avocat général téléphone alors à la gendarmerie qui donne aussi sur le Square Garbé, à la perpendiculaire du Tribunal. Le colonel(1) l'in­forme que ses hommes sont en position de combat pour repousser une attaque éventuelle, mais qu'il a l'ordre formel de ne pas interve­nir à l'extérieur de la caserne. Il ajoute qu'il prendrait sur lui d'inter­venir en cas d'attaque directe du Tribunal. L'aurait-il fait ? L'assaut sur le Tribunal n'est en effet pas tenté. Le temps passe. Impossible de prévenir nos familles, car, si le téléphone est main­tenu pour les administrations, il est coupé depuis un certain temps pour les particuliers.
Brusquement, on entend des ordres brefs en arabe et on voit une foule de musulmans venant de la ville traverser le square en cou­rant en direction du quartier arabe.
Le Square Garbé se vide et retrouve un silence complet. Peu après, un camion de fusilliers-marins s'arrête devant le Tribunal.
Le chef du détachement nous indique qu'il va nous raccompagner à nos domiciles respectifs. En passant près du Commissariat, nous voyons des membres de la force locale y faire pénétrer des européens. Les rues sont désertes.
Il est 17 h environ lorsque je retrouve mon épouse éplorée et mon dernier fils, âgé de 20 jours.
Le lendemain, nous apprenons que l'Amiral commandant la base de Mers-el-Kébir est intervenu à Oran après une conversation ora­geuse avec le Général Katz qui refusait de le faire.
La fille du concierge du Tribunal, musulmane qui séjournait chez des amis arabes dans leur quartier m'indiqua plus tard que des camions chargés d'européens arrivaient le 5 juillet sur la place du quartier. Les malheureux étaient déchiquetés par la foule qui pié­tinait les lambeaux de chair.
Le beau-père et le beau-frère d'un cousin de mon épouse, Serge Ribaud qui étaient descendus en ville n'ont jamais reparu.
En 1985, alors que j'étais Président de la Cour de St Denis de la Réunion, un fonctionnaire me déclara un jour qu'il accomplissait son service militaire à Oran, et qu'après les événements du 5 juillet, l'armée avait retiré de nombreux cadavres d'européens du Petit Lac, à la sortie d'Oran.
Pau, le 30 janvier 1999
JEAN-HENRY FOURCADE
Je précise que la présente déposition peut-être produite en justice et que je connais les peines prévues en cas de faux témoignage.
---==oOo==---
(1) - Le colonel Pérolaz, Commandait la Légion de Gendarmerie d’Oran en juillet 1962.
G.Ibanes se souvient très bien avoir reçu l’ordre du Colonel de ne pas intervenir pour porter secours aux Français poursuivis par les arabes du FLN.
Par contre les personnes se présentant au portillon, la grande porte étant verrouillée, étaient accueillies et mises à l’abri.
Lorsque le calme fut revenu vers les 18h,elles furent transportées en véhicules jusqu'à leur domicile pour celles qui le désiraient.
G.Ibanes, gendarme, était sous les ordres du Colonel PEROLAZ, et a été un témoin oculaire avec ledit Colonel, ainsi que de nombreux autres officiers et sous-officiers qui assistaient impuissants depuis leurs fenêtres lors des évènements du 5 juillet 1962 particulièrement ceux du Square Garbé où était situé le bâtiment de la Gendarmerie.
Le palais de justice se trouvait juste en face dans une petite rue à gauche par rapport à la Gendarmerie.
G.Ibanes confirme l’exactitude du témoignage de Monsieur le Juge d’Instruction Jean-Henry FOURCADE.
G.Ibanes déclare être prêt à témoigner devant la Justice Nationale ou Internationale sur de nombreux autres crimes commis par le FLN dans les circonscriptions où il était en poste depuis le début des évènements jusqu’au jour de son banissement de sa terre natale en Août 1962.
G.Ibanes précise connaître les peines prévues en cas de faux témoignages mais que son intention n’a d’autre but que de servir la Justice, la vraie.
---=oOo==---

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Briard
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MessageSujet: Re: OPERATION MIMOSA   12/2/2015, 20:27

Personne jamais ne fera témoigner ces gens. Ni ne les invitera sur un plateau télé.
Par contre "l'historien" du FLN lui est invité partout.

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MessageSujet: Re: OPERATION MIMOSA   12/2/2015, 20:39

eh oui, Benjamin Stora, l'historien fellagha
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Briard
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MessageSujet: Re: OPERATION MIMOSA   13/2/2015, 09:21

<< ...c'est que nous sommes en 2012... >>

C'est une coquille ou c'est Aloïs qui fait des siennes ? *hw: lhw:

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MessageSujet: Re: OPERATION MIMOSA   13/2/2015, 13:53

Je crois qu'il est faux de dire "jamais" 

Aussi bien en politique qu'en Histoire ce mot n'existe ...jamais ! flower

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MessageSujet: Re: OPERATION MIMOSA   16/2/2015, 02:32

Juste pour information le "négationnisme" est un délit qui ne s'applique expressément qu'à la contestation de la Shoah et du procès de Nuremberg en ce qui concerne les crimes nazis contre les juifs.
Une loi est d'interprétation limitative et ne peut donc être extrapolée à un autre de domaine que celui qui lui est propre

Ainsi parler de négationnisme pour les évènements d'Algérie est une erreur juridique.
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MessageSujet: Re: OPERATION MIMOSA   16/2/2015, 06:56

Et c'est pourtant bel et bien du négationnisme !!
Qui refuse de parler des crimes du FLN à l'encontre des PN et des musulmans pro français.
Des massacres de villages entiers.
Des accords FLN/Grande Zorhah .
De la connivence des barbouzes et des equipes de tueurs FLN dans la "chasse" à l'OAS !!
Etc...Etc...Etc...

Alors reservé à la shoa ou pas ce terme convient parfaitement à ce qui s'applique aux evenements d'Algérie

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MessageSujet: Re: OPERATION MIMOSA   16/2/2015, 10:46

mon épouse est ex-prof de français : négationniste c'est nier une évidence ou ne pas reconnaitre des faits averés .......

mon avis : les faits survenus après le 19 mars 62 ont été occultés par l'Etat français

les harkis, personne ne conteste les massacres, simplement le pouvoir gaulliste dit c'est le FLN qui n'a pas respecté les accords d'Evian
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MessageSujet: KATZ   16/2/2015, 11:24

MessageSujet: GENERAL KATZ    

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Massacre du 5 juillet 1962.
Les troubles commencent à 11 heures , et se poursuivent jusqu’à ce que l’armée française prenne position dans la ville, à 17 heures. Dans l’intervalle, plusieurs centaines d’Européens sont massacrés ou enlevés par des musulmans. Les Européens d’Oran dénoncent un non-respect des accords d'Évian (dont l’article V leur accorde la protection de l’armée française). Sous le choc de l’événement, beaucoup ne veulent voir dans la temporisation de près de six heures qu’une cruauté délibérée du général Katz. Les historiens (connaissant le réflexe qu’ont les militaires de toujours « se couvrir ») sont plus circonspects. Ils examinent les ordres que le général Katz a reçus de sa hiérarchie au mois de juin sous forme d’une vingtaine de notes ou messages qui ne font que relayer la volonté des politiques d’éviter toute intervention de l’armée. Le général Katz se réfugie derrière ces ordres : il ne pouvait faire intervenir l’armée sans une demande du préfet algérien.
Les historiens se montrent également prudents au sujet d’un témoignage faisant état d'un ordre téléphonique de non-intervention que le général Katz aurait reçu de Paris, ce jour-là. Celui-ci dément. Mais, par ailleurs, il exprime son amertume de devoir « porter le chapeau » :
« Aujourd'hui encore je suis accusé d'avoir empêché mes unités d'intervenir dans cette malheureuse affaire. Pas plus qu'après le 5 juillet 1962, Paris n'a jamais fait une mise au point pour rétablir la vérité… Je m'attendais à ce que Pierre Messmer, ministre des Armées, apporte un démenti à ces accusations dénuées de tout fondement. Il n'en fut rien… J'ai trouvé la raison du silence du ministre des Armées et du gouvernement dans l'ouvrage d'Alain Peyrefitte : C'était de Gaulle, où il rapporte ce qu'avait déclaré le Général avec une sombre détermination au conseil des ministres du 24 mai 1962 : « La France ne doit avoir aucune responsabilité dans le maintien de l'ordre après l'autodétermination. Elle aura le devoir d'assister les autorités algériennes, mais ce sera de l'assistance technique. Si les gens s'entre-massacrent, ce sera l'affaire des autorités algériennes. » Voilà pourquoi aucun démenti ne fut fait en juillet 1962 car il aurait mis en cause le Général et son gouvernement. »
Fin de carrière
Le général Katz fait l’objet un mois plus tard, le 4 août, d’une citation à l’ordre de l’armée comportant l’attribution de la croix de la Valeur militaire avec palme pour, entre autres, « avoir su rétablir et préserver avec force et dignité l’autorité légale et l’ordre public ». Il quitte Oran le 13 août 1962.
Muté en Allemagne, à Coblence, il y est poursuivi par des commandos de l’OAS. Il est nommé fin 1963 à la tête de la région militaire de Bordeaux, avec rang et appellation de général de corps d'armée. Début 1968, Edmond Michelet et Jacques Chaban-Delmas obtiennent du président De Gaulle que Joseph Katz soit élevé au rang et à l’appellation de général d'armée. Il achève sa carrière militaire en cette même année.
Plainte de familles de victimes

Le 16 octobre 1999, une plainte à l'encontre de Joseph Katz est déposée entre les mains du doyen des juges, au Palais de justice de Paris, au nom de 47 familles de victimes du massacre d'Oran, pour « complicité de crime contre l'humanité ». La plainte est déclarée recevable, requalifiée en « complicité de crimes d'enlèvements suivis d'actes de barbarie et d'assassinats », puis suivie d’un non-lieu d'informer pour prescription. Un appel de cette décision n’aura pas de suite, en raison du décès du général Katz survenu le mardi 6 mars 2001.


source Wikipédia
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guy61

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MessageSujet: collaboration gardes mobiles/FLN   16/2/2015, 11:29

Subject: GENDARMES MOBILES,COMPLICES DU FLN en 1962
 
Ce témoignage corrobore les faits évoqués par JORDI dans son livre “les disparus civils européens de la Guerre d’Algérie  Silence d’Etat”
 
 
 
 
La date des faits se situe au mercredi suivant la fête des pères 1962 (mois de juin). Je me trouvais en fonction au Commissariat de Police de Saïda en qualité de Gardien de la Paix. Un collègue de mon service, Roland Hamel, qui possédait une 4 CV. Renault, avait consenti à m'accompagner à l'aéroport de La Sénia afin que je puisse revoir mon épouse et mon fils avant leur départ pour la métropole.

Nous sommes arrivés à Oran par Gambetta. Je conduisais et j'ai pris la direction de La Senia. Tout s'est très bien passé. Nous sommes arrivés à La Senia vers 13 heures 30. J'ai demandé à voir mon épouse à l'entrée de l'aéroport et elle est arrivée avec notre fils vers 14 heures. Nous sommes restés ensemble pendant une heure environ : j'avais appris que son embarquement était prévu dans le courant de la soirée; et c'est ce soir-là qu'ils ont quitté Oran à destination de Marignane où ils sont bien arrivés. Il pouvait être donc 15 heures lorsque Roland Hamel et moi-même avons quitté l'aéroport de La Senia à destination d'Arzew.

Je conduisais la 4 CV. Renault, circulant vers le centre ville, afin de nous rendre à Arzew en passant par Gambetta. Au carrefour nous avons aperçu un half-track et une automitrailleuse, de face et sur la gauche, en quinconce, avec quatre à cinq gardes mobiles en protection au sol et l'un d'eux s'approchant des véhicules pour interpeller les occupants. Le serveur de la mitrailleuse de l'half-track était en position de tir et assez irrité.  Cela allait très vite et nous n'avons pas eu le temps de nous interroger !... Il pouvait y avoir un ou deux véhicules devant nous.

A notre tour,  le garde mobile s'est approché de moi et je lui ai fait savoir que nous étions tous deux policiers à Saida.  Il a alors crié à l’attention du serveur de la mitrailleuse : "II y en a deux là"... Et aussitôt un arabe en tenue militaire est apparu de derrière l'half-track et l'A.M. pour arriver vers nous au pas de gymnastique; comme cela s'était produit pour les véhicules qui nous précédaient. Il s'est installé à l'arrière de la 4 CV. armant la MAT 49 qu'il portait et dont le canon touchait ma tête. Au moment où j'ai démarré, sur l'ordre de notre convoyeur, j'ai entendu le serveur de la mitrailleuse dire :

"deux de moins à dédommager en France"... 

Nous étions pris au piège, suivant le ou les véhicules qui nous précédaient et suivis de la même façon par d'autres voitures. C'est pratiquement en cortège que nous sommes arrivés dans un des P.C. du F.L.N. de la ville nouvelle (Village nègre); Roland Hamel se trouvant en position de passager avant. Je me souviens qu'il n'y avait pas de circulation en sens inverse... Ce campement était installé, pour ce dont je me souviens, dans une impasse avec un parking assez large, clos à droite par un mur pouvant constituer l'arrière de garages dont les portes donnaient dans la rue ou l'impasse parallèle; et bordé gauche et au fond par des pavillons. Je pense qu'il s'agissait d'une impasse parce que le pavillon où nous allions être détenus se situait en bout et en travers de la chaussée et du parking sur lequel nous sommes arrivés. Cette impasse ne se situait pas sur l'artère principale.

Sur les indications de notre convoyeur, j'ai tourné une fois à gauche en rentrant dans la ville nouvelle, et une fois à droite à environ deux à trois cents mètres, puis à nouveau à droite pour nous retrouver vraiment dans ce camp retranché...

Sur le rétroviseur intérieur j'avais remarqué que notre convoyeur avait le doigt sur la détente. Il avait environ la trentaine d'années et il paraissait sûr de lui. J'ai commencé à lui parler lentement en arabe, lui faisant remarquer qu'il avait le doigt sur la détente et qu'un "accident regrettable" pouvait toujours arriver en roulant. Je l'ai alors prié de quitter son doigt de la détente, ce qu'il a fait lentement. Puis je lui ai demandé de me confirmer si nous allions vers un P.C. du F.L.N. Il a répondu par l'affirmative. Toujours en arabe et très lentement, je lui ai dit que je voulais avant toute chose parler à un responsable; lui précisant que mon père avait servi dans la même unité que Ahmed Ben Bella, en Italie, et qu'il serait regrettable pour tous qu'il nous arrive quelque chose... Il m'avait alors promis de faire le nécessaire et nous avons eu beaucoup de chance.

Dès notre arrivée, plusieurs individus se sont rués vers notre véhicule comme sur tous les véhicules qui nous précédaient (un ou deux) et qui nous suivaient (beaucoup plus); j'ai encore à l'esprit l'image de l'individu qui arrivait vers moi, débraillé, veste ouverte, un couteau de boucher passé dans la ceinture avec encore du sang frais sur la lame... Et à proximité, sur notre gauche, un groupe d'individus formant un rond au centre duquel un ou plusieurs Français étaient en train de se faire égorger...

Cette situation était générale dans ce campement sur 200 à 250 mètres environ.

Notre convoyeur est sorti rapidement et s'est interposé énergiquement à l'adresse de ceux qui se ruaient vers nous. Ces derniers ont marqué un temps d'arrêt et le convoyeur nous a demandés de descendre, les mains en l'air, de manière à nous faire désarmer. Nous portions tous deux nos armes de service et je l'avais dit à notre convoyeur avant d'arriver. C'est pendant cette opération que j'ai aperçu, quatre à cinq voitures derrière nous, un ami d'Arzew... Il était conduit "manu militari" dans notre direction... Il s'agit de François Perles, propriétaire et exploitant du cinéma "L'Eden" d'Arzew.

A partir de là les choses ont été très vite. On m'a demandé d'avancer vers un pavillon qui se trouvait en face de nous. J'ai exigé que mon collègue reste avec moi. C'est ainsi que nous avons été tous les deux conduits au 1er étage. Alors que nous gravissions l'escalier, j'ai pu apercevoir François Perles qui était dirigé vers le sous-sol de ce même pavillon; pour entendre presque aussitôt trois coups de feu claquer... J'ai compris qu'ils l'avaient tué...

Présenté au responsable qui s'est avéré être un "religieux" faisant autorité (Alem ou recteur de mosquée), je n'ai pas eu de mal à m'entretenir avec lui pour avoir appris le "coran"... Je lui avais proposé de prendre attache avec mon chef de brigade de Saïda, le brigadier Seddiki, que nous tenions depuis peu pour être le responsable du F.L.N.; mais surtout avec le poste de commandement de Ahmed Ben Bella. Il m'a demandé certaines précisions à ce sujet et je lui ai dit ce que je savais, Ahmed Ben Bella et mon père faisaient partie de la même compagnie de tabors. Ben Bella commandait la 3e section et mon père la 4e. Ils avaient fait Monte Casino ensemble... et avaient gardé de bons et loyaux souvenirs de combattants. Enfin, peu de temps avant, mon père m'avait demandé de ne pas hésiter à en user en cas de difficulté. Ce responsable, âgé de 35 à 40 ans environ, à l'époque, était bien mis de sa personne. Sur photo d'époque, je pourrai le reconnaître. Il avait un coran à la main lors de notre entretien. Il nous a laissés à la garde de deux militaires en armes, dans cette pièce quasiment vide, regardant le mur; alors que notre convoyeur était reparti dès notre prise en charge.

Pendant ces deux heures, sans parler ni nous retourner, nous avons entendu les départs et arrivées de véhicules, les cris, les coups de feu qui se répétaient, et toutes ces clameurs nous renseignaient sur la tuerie qui se commettait...

Deux heures après, environ, entre 17 heures et 17 heures 30, le "responsable" est revenu en me précisant qu'il n'avait pas pu avoir Saïda en raison d'une coupure des communications téléphoniques; mais il avait pu obtenir le poste de commandement de Ahmed Ben Bella, et il nous apprenait aussitôt qu'il nous libérait... Dans la mesure où ses renseignements auraient été négatifs, dès son arrivée nous aurions été abattus, sans discussion... Il nous a demandés de le suivre. Nous sommes sortis du pavillon et nous avons pu constater que la même "effervescence" régnait dans le campement. Notre véhicule avait été déplacé et garé plus près du pavillon. J'ai pris le volant, Roland s'est installé à la place passager-avant, et le responsable est monté à l'arrière. Nous avons quitté ces lieux, que je ne puis situer exactement, et c'est sur les indications de ce "responsable" que nous avons abouti "avenue ou boulevard" de Lyon.

Peu avant la mairie, en venant de la ville-nouvelle, le "responsable" m'a demandé de m'arrêter. Il nous a rendu nos armes de service, chargeurs vides, et les cartouches en vrac. Il est descendu du véhicule et nous a souhaités bonne chance... J'ai donc pris la direction d'Arzew. Arrivés devant le boulevard Front-de-mer, nous nous sommes arrêtés pour nous détendre et nous remettre de nos émotions.

C'est là aussi, en contrebas du boulevard, que nous avons vu des hommes tirer à la roquette sur les réservoirs de carburant situés à droite du port... et prendre feu... il s'agit de ceux qui n'avaient pas encore été détruits...

Nous avons repris la route en direction d'Arzew où nous sommes arrivés vers 19 heures, chez mon oncle, François Cano, a qui nous avons relaté les faits. Avec lui, nous sommes allés prévenir une autorité et nous sommes allés aviser le frère de François Perles : Michel. Je ne lui ai rien caché en ce qui concernait François, à savoir que j'avais bien entendu trois coups de feu et que je pensais qu'il avait été tué. Il n'a plus été revu vivant... Le lendemain, Roland et moi-même avons rejoint Saïda... où nous avons signalé les faits au commissariat de police...

Peu de jours après, le 29 juin 1962, dans la matinée, avec seize de mes collègues, pratiquement tous pieds-noirs, j'ai été invité à quitter le territoire algérien en raison de l'évolution politique et par mesure de sécurité...

En clair, il nous avait été dit que nous faisions tous l'objet d'un jugement de condamnation à mort rendu par le tribunal permanent des forces de l'A.L.N. : c'est alors que j'ai compris toute la chance que nous avions eu... le responsable religieux n'avait pas pu obtenir téléphoniquement notre chef de brigade qui est devenu peu de temps après commissaire de police à Saïda... Et il devait avoir connaissance de cette condamnation me concernant...

Dès ma sortie du bureau de l'officier de paix Abed Djillali, j'ai rencontré Hamel Roland qui m'a aussitôt remis les clefs de sa voiture pour quitter Saïda avant midi... Il l'a récupérée à Arzew, chez mon oncle, par la suite...

Par ailleurs, l'administration a obligé chacun de nous à se rendre à la préfecture d'Oran à l'effet de récupérer le certificat de cessation de paiement; faute de quoi, nous avaient-ils dit, nous ne pourrions pas recevoir notre traitement en arrivant en France. Or, le jour où j'ai quitté le port d'Oran, le 4 ou le 5 juillet, sur l'EI-Djézaïr, quinze collègues venant d'un peu tous les environs avaient été tués et pendus aux crochets de bouchers de l'abattoir.

Cette pièce administrative ne comportait pas d'obligation à signature de l'intéressé; et, par conséquent, l'administration aurait très bien pu transmettre ce document, par courrier, au lieu d'affectation connu depuis quelques jours déjà... Il faut y voir là, sinon un moyen certainement une occasion de faire éliminer beaucoup d'entre nous !...

Par conséquent, la date de la fête des pères de juin 1962 et la date du départ réel de "L'EI-Djézaïr" (NDLR : le 5/07) me permettraient d'être formel sur les dates de ces faits. Un plan d'Oran de l'époque, permettrait peut-être de situer le P.C. du F.L.N. où nous avons été conduits; ainsi que l'endroit exact où nous avons été interceptés par les gardes mobiles agissant de concert avec le F.L.N. 

Je vous donne donc mandat à l'effet de faire valoir le présent témoignage, dans le cadre de l'information ouverte contre le Général Katz, et contre toute autre personne qu'elle révélerait; voire même par le dépôt de plainte pour tentative d'assassinat à mon encontre puisqu'elle n'a raté son effet que par des circonstances indépendantes de la volonté       
des gardes mobiles agissant de concert avec le F.L.N.  Je pense que Roland Hamel pourrait aussi me suivre dans cette voie. Je vous laisse donc le soin de mettre en forme le témoignage ou la plainte que vous aurez déci­dé après vérification des faits.

Je persiste et signe les présents feuillets pour valoir ce que de droit, affirmant qu'il s'agit de l'expression de la vérité, sans haine ni passion, ou autre intéressement de quelque nature que ce soit.

André RASTOLL 


Merci  GUY  pour  ce  partage  poignant,  je  ne  sais  si  tu  te  souviens  lorsque  j'ai  raconté  notre  départ  de  Saïda  en  Juin  1962   par  un  hasard  incroyable avec  ma  mère  nous,  nous  sommes  retrouvés  sur  le  quai  d' ORAN  noir  de  monde.  Elle  avait  pris  un  taxi  pour  me  porter  le  manteau  que  j'avais  oublié  à  ARZEW  à  Pâques  et  de  retour  chez  elle  des  hommes  "felouz"  armés  étaient  sur  le  bord  de  la  route,  ma  mère  a  été  prise  de  panique  et  le  chauffeur  du  taxi  l'avait  rassurée  en  lui  disant  que  ce  n'était  pas  pour  eux,  nous  savions  que  monsieur  Perlés  était  rechercher  par  les  arabes,  c'était  un  homme  honnête  propriétaire  d'une  salle  de  cinéma  et   de  ce  fait  il  arrivait  souvent  qu'il  rejette  les  fraudeurs,  de  plus  ces  jeunes  arabes  qui  ne  payaient  pas leur  billet  d'entrée  détérioraient  les  chaises  et  faisaient  du  scandale.
Nous  souhaitons  que  toute  la  vérité  éclate  un  jour...Cependant  à  mon  avis  l'Europe  entière  est  en  danger  par  tous  ces  envahisseurs.
BONNE  FIN  DE  JOURNEE  ET  GROSSES  BISES  A  VOUS  DEUX.  Sans  oublier  chats  et  chiens.
Francine.
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MessageSujet: Re: OPERATION MIMOSA   16/2/2015, 13:06

GIBET a écrit:
Juste pour information le "négationnisme" est un délit qui ne s'applique expressément qu'à la contestation de la Shoah et du procès de Nuremberg en ce qui concerne les crimes nazis contre les juifs.
Une loi est d'interprétation limitative et ne peut donc être extrapolée à un autre de domaine que celui qui lui est propre

Ainsi parler de négationnisme pour les évènements d'Algérie est une erreur juridique.
GIBET

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