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 7 Mai 1954 : La chute de DIEN BIEN PHU‏

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Briard
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MessageSujet: 7 Mai 1954 : La chute de DIEN BIEN PHU‏    6/5/2014, 07:56


A 11000 km de la métropole pour défendre leur idéal, pour défendre le Vietnam du communisme, pour défendre l'Empire Colonial Français, ils sont tombés là bas, dans l'enfer de Dien Bien Phu. Honneur à…


7 Mai 1954 : La chute de DIEN BIEN PHU



Ὠ ξεῖν', ἀγγέλλειν Λακεδαιμονίοις ὅτι τῇδε κείμεθα, τοῖς κείνων ῥήμασι πειθόμενοι « Passant, va dire à Sparte que nous gisons ici pour avoir obéi à leurs lois » (Epitaphe célèbre de Simonide de Céos (-556 -467) célébrant la vaillance et le sacrifice des 300 Spartiates aux Thermopiles pendant la 2ème guerre médique en -480)

Diên Biên Phu, le « grand chef lieu d’administration frontalière » est habité par les Meos, rudes montagnards qui cultivent le pavot et font commerce de l’opium et par les Thaïs qui travaillent les rizières de la vallée et font du petit élevage. Cette localité, à la frontière du Laos, est reliée au reste du pays par la route provinciale 41 qui va jusqu’à Hanoï située à 250 kms et vers la Chine. C’est une cuvette de 16kms sur 9 entourée de collines de 400 à 550 mètres de hauteur et traversée par la rivière Nam Youm.

Au début de l’été 1953, l’Indochine entre dans sa 8ème année de guerre. Le Vietminh, très mobile, se meut avec facilité sur un terrain qu’il connaît parfaitement. Son corps de bataille est de surcroît numériquement très supérieur à celui du corps expéditionnaire français et bénéficie, en outre, de l’aide sans réserve de la Chine libérée de son action en Corée depuis la signature de l’armistice, le 27 juillet 1953. C’est dans ce contexte, que le 7 mai 1953, le Général Navarre se voit confier le commandement en chef en Indochine en remplacement du Général Salan. Navarre avait un grand principe : « On ne peut vaincre qu’en attaquant » et il décidera de créer à Diên Biên Phu une base aéroterrestre pour couper au vietminh la route du Laos et protéger ainsi ce pays devenu indépendant.

           Quand les responsables français décident d’investir, la cuvette de Diên Biên Phu, ils savent pourtant que des forces régulières vietminh importantes de la division 316 du régiment 148 et du bataillon 910 occupent solidement la région depuis octobre 1952. Qu’à cela ne tienne ! L’endroit paraît idéal au commandant en chef ! Il est un point de passage obligé pour le vietminh qui ne pourra que très difficilement le contourner… De plus, il bénéficie d’un aérodrome aménagé durant la deuxième guerre mondiale par les Japonais tandis que le fond de la cuvette est une véritable plaine de plus de 100km² qui permettra l’emploi des blindés. Par ailleurs, le commandement français considérait en cet automne 1953 que le vietminh, vu l’éloignement de ses bases, à 500 kms de Diên Biên Phu, ne pourrait entretenir dans le secteur que deux divisions maximum… Il en conclut donc qu’il ne pourrait mener que de brefs combats en ne disposant, en outre, que d’une artillerie limitée qu’il sera aisé de détruire par les canons du colonel Piroth, qui s’était porté garant.

           L’occupation de la cuvette fut fixée le 20 novembre 1953. Elle fut baptisée « opération Castor ». Ce sera le plus important largage de parachutistes de toute l’histoire de la guerre d’Indochine. Vers 11 h du matin, les deux premiers bataillons sont largués : Le 6ème Bataillon de Parachutistes Coloniaux du Commandant Bigeard et le 2ème Bataillon du 1er Régiment de Chasseurs Parachutistes du Commandant Brechignac. Puis arriveront : le 1er Bataillon de Parachutistes Coloniaux, deux batteries de 75 sans recul du 35ème RALP, une compagnie de mortiers de 120 et une antenne chirurgicale. Le lendemain, les légionnaires du 1er Bataillon Etranger de Parachutistes sauteront ainsi que le 8ème Bataillon de Parachutistes Coloniaux, des éléments du génie et le PC de l’opération (général Gilles, lieutenant-colonel Langlais avec 25 hommes). Le 22 novembre, le 5ème Bataillon de Parachutistes Vietnamiens est largué à son tour. Au soir du 22 novembre 1953, il y aura 4195 hommes dans la célèbre cuvette.

           Durant près de quatre mois, les soldats français vont aménager la cuvette en camp retranché. Les petites collines entourant le camp prennent le nom de Gabrielle, Béatrice, Dominique, Eliane, Anne-Marie, Huguette, Claudine, Françoise, Eliane, Junon, Epervier et enfin Isabelle.

           L’offensive vietminh débute dans la soirée du 13 mars 1954 par une intense préparation d’artillerie (près de 9000 coups) visant particulièrement Béatrice et Gabrielle. Le combat du tigre contre l’éléphant commençait : Le tigre tapi dans la jungle allait harceler l’éléphant figé qui, peu à peu, se videra de son sang et mourra d’épuisement.

           Le point d'appui Béatrice est écrasé par les obus de canons et de mortiers lourds. Pendant plusieurs heures il reçoit des milliers d'obus. Les abris, n'étant pas conçus pour résister à des projectiles de gros calibre, furent pulvérisés. La surprise est totale dans le camp français. Malgré un combat acharné et sanglant, au prix de lourdes pertes de part et d’autre, Béatrice, tenu par la 3/13ème Demi-Brigade de la Légion Etrangère, commandée par le Commandant Pégot, fut enlevée par les Viets en quelques heures. Un malheureux concours de circonstance favorisa cette rapide victoire vietminh : les quatre officiers dont le lieutenant-colonel Gaucher, responsables de la défense de Béatrice furent tués dès la première heure par deux obus qui explosèrent dans leur abri. En une nuit, c'est une unité d'élite de la Légion qui est supprimée. Nul n'a imaginé un tel déluge d'artillerie. La contre batterie française se révèle inefficace. Le Viêt-Minh utilisant une énorme capacité en bras, a pu creuser des tunnels en travers des collines, hisser ses obusiers et s’offrir plusieurs emplacements de tir sur la garnison sans être vu. Des terrasses furent aménagées et dès que les canons avaient fini de tirer, ils regagnaient leur abri. De ce fait jamais l'artillerie française ne fut en mesure de faire taire les canons Viêt-Minh, pas plus que les chasseurs-bombardier de l'aéronavale.

           Dans la soirée du 14 mars, Gabrielle, défendue par le 5/7 Régiment de Tirailleurs Algériens, subit un intense et meurtrier pilonnage d’artillerie. A 5h, le 15 mars, le vietminh submerge la position, dont les défenseurs ont été tués ou blessés. L’artillerie ennemie –que l’on disait inefficace- fait des ravages parmi les défenseurs sans que l’on puisse espérer la réduire au silence. Conscient de cet échec et de sa responsabilité, le Colonel Piroth, responsable de l’artillerie française se suicidera dans la nuit du 15 au 16 mars en dégoupillant une grenade.

           Cependant, la piste d’aviation, bien que pilonnée quotidiennement -mais aussitôt remise en état- permettait l’arrivée régulière des renforts. Ce pilonnage s’intensifiant, les atterrissages de jour devinrent impossibles et les appareils durent se poser de nuit dans les pires conditions. Bientôt il fallut renoncer complètement et les assiégés se retrouvèrent, dès lors, isolés du reste du monde. A noter que le 28 mars, l’avion devant évacuer les blessés de la cuvette, endommagé au sol, ne put décoller. L’infirmière convoyeuse de l’équipage, Geneviève de Galard, était à bord. Elle restera jusqu’à la fin parmi les combattants.

           Le général vietminh Giap, afin de s’infiltrer plus facilement dans les défenses françaises, fit alors intervenir des milliers de coolies dans le creusement d’un réseau de tranchées, véritable fromage de gruyère, menant aux divers points d’appui. Le 30 mars, après une préparation d’artillerie très intense et l’infiltration des viets par ces tranchées, Dominique 2 et Eliane1 furent prises. Cependant, les parachutages français continuaient encore dans la plus grande confusion. La superficie de la base aéroterrestre ayant été réduite et les liaisons avec les points d’appui encore tenus par les soldats français devenant impossibles, ces « volontaires du ciel » exposés aux feux directs de l’ennemi, connaissaient des fortunes diverses. Certains atterrissaient directement chez l’ennemi, d’autres étaient morts en touchant le sol, d’autres étaient perdus… tandis que le ravitaillement parachuté faisait la joie du vietminh en améliorant son quotidien.

           Du 9 au 11 avril, une nouvelle unité de légion, le 2ème Bataillon Etranger de Parachutistes, est largué dans des conditions déplorables et engage aussitôt une contre-attaque sur la face est. Il est en partie décimé. Les rescapés fusionnent alors avec les restes du 1er BEP reformant une unité sous les ordres du Commandant Guiraud. Le 4 mai, ont lieu les derniers parachutages d’hommes provenant du 1er Bataillon de Parachutistes Coloniaux tandis que les Viets intensifient encore leurs bombardements faisant intervenir les fameuses orgues de Staline, aux impacts meurtrier en rafales, provoquant d’énormes dégâts dans les abris minés par les pluies quotidiennes d’Avril. La cuvette disparaît dans des nuages de boue soulevée par les obus.

           Dans la soirée du 6 mai, c’est le déchaînement de l’artillerie viet et de toutes les armes dont elle dispose. Dans le camp agonisant, c’est l’apocalypse. Tout ce qui est inflammable prend feu ; les abris s’effondrent, les tranchées s’écroulent, la terre se soulève. La mort frappe sans interruption. A 23h, les taupes vietminh, après avoir creusé un tunnel de 47 mètres de long, déposent sous Eliane2 une charge d’une tonne de TNT puis se ruent à l’assaut. La résistance des défenseurs est héroïque ; ils refusent de se rendre et luttent jusqu’à la mort. Une poignée de survivants arriveront à se replier sur Eliane4 afin de poursuivre le combat. A l’aube du 7 mai, Dominique et Eliane sont tombées. Les tranchées sont jonchées de cadavres et de blessés des deux camps. Alors que le Colonel de Castries vient d’être promu général, à 10h du matin, les viets finissent d’investir les Eliane. Du côté Français, il n’y a plus ni munitions, ni réserve d’hommes mais les sacrifices continuent…

           Le Général Cogny adresse un dernier message au Général De Castries, souhaitant qu’il n’y ait ni drapeau blanc, ni capitulation. « Il faut laisser le feu mourir de lui-même pour ne pas abîmer ce qui a été fait » précise-t-il. L’ordre de cessez-le-feu tombe à 17h. Après destruction de tout le matériel et de tout le ravitaillement, le PC de Diên Biên Phu adresse son ultime message à Hanoi à 17h50 : « On fait tout sauter. Adieu ! » Quelques minutes plus tard, la division 308 du général Vuong Thua Vu fait irruption dans le PC du général De Castries. Un drapeau rouge à étoile d’or est planté sur le PC français. Diên Biên Phu est tombé mais n’a pas capitulé.

Cette bataille fut la plus longue, la plus furieuse, la plus meurtrière de l'après Seconde Guerre mondiale durant laquelle le corps expéditionnaire Français compta près de 3 000 tués et un nombre très important de blessés. 11 721 soldats de l’Union Française furent faits prisonniers mais les effroyables conditions de détention des camps Vietminh furent telles que seulement 3 290 d’entre eux reviendront de captivité dans un état sanitaire catastrophique, squelettiques, exténués. Le destin exact des 3 013 prisonniers d’origine indochinoise ayant combattu sous le drapeau tricolore reste toujours inconnu. Il est probable qu'ils aient été exécutés systématiquement comme traîtres.

Tous les prisonniers durent marcher à travers jungles et montagnes sur 700 km, pour rejoindre les camps, situés aux confins de la frontière chinoise. Ceux qui étaient trop faibles mouraient ou étaient achevés. Sur les 11 721 soldats, valides ou blessés, capturés par le Vietminh, plus de 70 % décédèrent pendant leur marche vers les camps ou une fois en captivité, de sous-alimentation, mauvais traitements, absence de soins, dans des régions propices à toutes sortes de maladies, ou furent exécutés sommairement. Le 21 juillet 1954, les accords de Genève mettront fin à cette guerre, instaurant une partition du pays de part et d’autre du 17e parallèle Nord.

                                                                                                         José CASTANO





Le Commandant Hélie Denoix de Saint Marc se souvient, alors que la France va quitter l’Indochine : « La plupart des Vietnamiens ne disent rien. Ils nous regardent simplement. Nous avons honte. Ils nous auraient tués à ce moment-là que nous aurions trouvé cela juste. L’un d’eux me dit : « Alors, mon capitaine, vous nous laissez tomber ? » Je ne réponds rien ! »

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klary
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MessageSujet: Re: 7 Mai 1954 : La chute de DIEN BIEN PHU‏    6/5/2014, 20:42

Bonsoir cher Briard...triste anniversaire...

** INFO LECTURE **

En Indochine avec la Légion, en compagnie de Bernard Grué

L'auteur de L'espoir meurt en dernier (guerre et captivité en Indochine avec la Légion étrangère 1949-1954) était à l'Ecole militaire, le mardi 15 avril, entre 11h et 12h30 pour y témoigner et présenter son livre paru aux éditions du Rocher (250 pages, 18 €).

Cet ouvrage retrace le parcours militaire de l’auteur depuis son entrée à l’Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr, en 1945, jusqu’aux combats de la tristement célèbre Route coloniale n° 4 (RC 4) qui ont marqué, en 1950, un tournant dans la guerre d’Indochine. Jeune lieutenant à la Légion étrangère, Bernard Grué a été le dernier défenseur du poste de Dong-Khé, point-clé de la RC 4 sur lequel le Vietminh a concentré tous ses efforts dès le début des combats. Trois fois blessé, prisonnier des Viets durant quatre ans, le lieutenant Grué est l’un des rares survivants du Camp n° 1.

Le colonel  Grué témoigne de l’épreuve vécue par ces combattants français abandonnés autant par la classe politique que par une partie de l’opinion publique.






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Dernière édition par Klary P'tit Bonheur le 7/5/2014, 18:20, édité 1 fois
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klary
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MessageSujet: Re: 7 Mai 1954 : La chute de DIEN BIEN PHU‏    7/5/2014, 18:02

"Qui sait si l'inconnu qui dort sous l'arche immense,
Mêlant sa gloire épique aux orgueils du passé,
N'est pas cet étranger devenu fils de France ,
NON PAR LE SANG REÇU, MAIS PAR LE SANG VERSÉ."




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GIBET
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MessageSujet: Re: 7 Mai 1954 : La chute de DIEN BIEN PHU‏    8/5/2014, 04:33

Mon Dieu que de morts ...et qu'avons nous construit avec leur sang en dehors des Cimetières? Leur Gloire sans doute et les larmes des familles
C'est peu pour l'avenir d'un peuple!!
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Briard
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MessageSujet: Re: 7 Mai 1954 : La chute de DIEN BIEN PHU‏    8/5/2014, 08:19

Ce sont pourtant eux qui ont fait la France et son Histoire.

SUR LA TERRE OU A COULE LE SANG DES LEGIONNAIRES, LE SOLEIL NE SE COUCHE JAMAIS

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MessageSujet: Re: 7 Mai 1954 : La chute de DIEN BIEN PHU‏    8/5/2014, 08:33

7 mai 1954 :
fin de la bataille de Điện Biên Phủ.







Dialogue radio intégral et inexpurgé entre le général Cogny, à Hanoï,
et le général de Castries, à Điện Biên Phủ le 7 mai 1954.
Enregistrement réalisé à l’époque par le grand reporter Yves Desjaques.



Question du général Cogny : « Quels sont les moyens dont vous disposez encore ? »

- Le 6′ B.P.C., le 11/1 R.C.R et ce qui restait du R.TA.

- Oui.

- En tout cas, il n’y a plus qu’à mettre une croix dessus.

- Oui.

- N’est-ce pas ?
Euh… Il reste actuellement mais très amoindrie, naturellement, car on a pris,
on a fait des ponctions sur tout ce qu’il y avait sur la façade ouest pour essayer de caler à l’est…

- Oui.

- … Il reste à peu près deux compagnies de chacun, deux compagnies pour les deux BEP réunis.

- Oui.

- Trois compagnies du RTM, mais qui ne valent plus rien du tout, n’est-ce-pas,
absolument rien, qui sont effondrées.

- Oui.

- Deux compagnies du 8è choc.

- Oui.

- Trois compagnies du BT 2, mais c’est normal car c’est toujours, c’est le RTIVI et le BT 2
auxquels il reste le plus de monde parce que ce sont ceux qui ne se battent plus.

- Bien sûr

- N’est-ce-pas ? Et au 1/2, au 1/2 R.E.I., il reste à peu près deux compagnies au 1113.
C’est, ce sont des compagnies de 70 ou de 80 (hommes).

- Oui. Je comprends bien.

- Voilà !… Alors, nous nous défendons pied à pied.

- Oui.

- Nous nous défendons pied à pied et j’estime, j’estime que le maximum de nos possibilités…
(parasites)… sur la Nam Youm…

- Allô… Allô…

- Allô, vous m’entendez mon général ?

- … que le maximum de vos possibilités ?

- …c’est d’arrêter l’ennemi sur la Nam Youm.

- N’est-ce-pas ?

- Oui.

- Et encore faut-il que nous tenions la rive est, sans cela nous n’aurons plus d’eau.

- Oui, bien sûr

- N’est-ce-pas ?
Alors, quoi, je vous propose d’essayer, je vais essayer de réussir ça, et n’est-ce pas,
je viens de prendre, de voir Langlais, nous sommes d’accord là-dessus.
Et puis, mon Dieu, eh bien, j’essaierai, j’essaierai à la faveur des circonstances,
de faire filer le maximum de moyens vers le sud.

- Bien, entendu. Ce serait de nuit, probablement ?

- Comment ?

- De nuit ?

- Oui, mon général, de nuit, bien sûr.

- C’est ça, oui.

- Et je…. J’ai besoin de votre accord pour le faire.

- D’accord, mon vieux.

- Vous me donnez cet accord ?

- Je vous donne cet accord.

- Enfin, moi… je tiendrai… je tâcherai de tenir le plus longtemps possible,
avec ce qui restera. Mon général ?

- Oui, d’accord, mon vieux.

- Voilà…

- Est-ce qu’au point de vue munitions, est-ce que vous… Il y a des choses à récupérer ?

- Des munitions ? C’est plus grave, nous n’en avons pas…

- Il n’y a pas des choses que…

- Nous n’en avons pas, n’est-ce-pas ? Il y a bien encore quelques munitions de 105,
mais (…) elles ne servent à rien ici…

- Oui.

- … pour le moment. Et les munitions, les munitions de 120…

- Oui.

-…j’en ai, je dois avoir encore 100  150 coups

- Oui.

- Et qui sont un peu partout, n’est-ce-pas ?

- Oui, bien sûr.

- Qui sont un peu partout. On ne peut pas… Qu’il est pratiquement impossible de ramasser.
Evidement plus on en enverra mieux ça vaudra, n’est-ce pas ?

- Oui.

- Aussi, nous tiendrons, nous tiendrons le plus longtemps possible.

- Je pense que le mieux c’est que l’aviation fasse un gros effort d’appui de feu aujourd’hui
pour tacher que le Viet s’arrête, arrête son effort.

- Eh oui, mon général.

- Et puis, alors il ne faut pas que l’aviation arrête, n’est-ce pas ?
Sans arrêt, sans arrêt, sans arrêt. Oui, alors le Viet n’est-ce-pas, je vous donne la physionomie.

- Oui

- Le Viet a engagé, à l’est, tout ce qui lui restait de disponible.

- Oui.

- Y compris deux régiments de la 308.

- Ah bon ? Oui.

- N’est-ce-pas ? Il n’y a, il doit n’y avoir actuellement sur la face ouest…

- Oui.

- Que le régiment 36.

-36, je crois. Oui.

- N’est-ce-pas que le régiment 36, le régiment 102…

- allô, allô… allô, allô…

-ce-que vous m’entendez ?

- Et pour le régiment 102, vous disiez ?

- Oui, mon général.

- Le régiment 102 ?

- C’est qu’ils ont engagé sur la façade est…

-Oui.

- Le régiment 102 et le régiment 88.

- N’est-ce-pas ? Plus ce qui, ce qu’ils avaient de la 312.

- C’est ça. Oui.

- …Et la 316 actuellement.

- Oui

- N’est-ce-pas ?

- Ils ont mis tout le paquet sur la face est.

- Mais vous le voyez, comme je le prévoyais, la 308, je crois l’avoir dit, m’échappe,
n’est-ce-pas, comme toujours.

- Bon. Alors, le repli vers le sud ? Comment voyez-vous cela ?
C’est sur Isabelle ou bien éclatement ?

- Eh bien, mon général, de toute façon, de toute façon il faut…
Qu’ils dépassent Isabelle vers le sud n’est-ce-pas ?

- Oui c’est ça.

- Mais je donnerai l’ordre, je donnerai l’ordre à Isabelle aussi d’essayer,
d’essayer de se dégager, s’ils peuvent.

- Oui, entendu. Alors tenez-moi au courant pour qu’on puisse vous aider
au maximum par l’aviation pour cette affaire-là.

-Oh, mais bien sûr, mon général.

- Voilà, mon vieux.

- Et puis mon Dieu, je garderai ici ben… les unités qui n’en veulent pas.

- C’est ça, oui.

- Euh… les comment dirai-je, évidemment, les blessés, mais dont beaucoup sont
aux mains de l’ennemi, parce qu’il y en avait dans les points d’appui, Eliane 4 et que…
et Eliane 10, des blessés…

- Bien sûr, oui.

- N’est-ce-pas ? Et puis, je garde tout ça sous mon commandement.

- Oui, mon vieux.

- Voilà.

- Au revoir, mon vieux.

- Je peux encore vous retéléphoner avant.., avant la fin.

- Allez, au revoir, mon vieux Castries.

- Au revoir, Mon Général.

- Au revoir, mon vieux.





Vers 17 heures, le général de Castries a exposé longuement au général Cogny qu’il était submergé.


Bodet. – allô. Attendez une seconde, je vous passe le général Cogny.

- Allô… allô.., allô.

Bodet. – allô ? Je vous passe le général Cogny.

- Oui, mon général. Au revoir mon général.

Bodet. – au revoir, mon vieux. Et tous mes vœux vous accompagnent. Allez, c’est très bien.

Cogny. – allô, allô, Castries ?… allô Castries ?

- Mon général ?

- Dites-moi, mon vieux, il faut finir maintenant, bien sûr
Mais, tout ce qu’il y a de sûr, tout ce que vous avez fait est magnifique jusqu’à présent…



Le général Cogny ajoute une phrase qui a été coupée :

« Il ne faut surtout pas l’abîmer en hissant le drapeau blanc.
Vous êtes submergé, mais pas de reddition, pas de drapeau blanc.
»

- … Ah bien, mon général, seulement je voulais préserver les blessés.

- Oui, je sais bien. Alors faites-le, au mieux, en laissant vos (…) agir d’elles-mêmes (…).
Ce que vous avez fait est trop beau pour qu’on fasse ça. Vous comprenez, mon vieux.

- Bien, mon général.

- Allez, au revoir, mon vieux, à bientôt.



(extrait (final) du film « Dien Bien Phu » de pierre schoendoerffer, 1992.)








Source :  study
http://la-flamme.fr/category/non-classe/[/quote]


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MessageSujet: Re: 7 Mai 1954 : La chute de DIEN BIEN PHU‏    10/5/2014, 13:34

Briard a écrit:
Ce sont pourtant eux qui ont fait la France et son Histoire.

SUR LA TERRE OU A COULE LE SANG DES LEGIONNAIRES, LE SOLEIL NE SE COUCHE JAMAIS

MORE MAJORUM

Ce sont aussi ceux qui sont restés debout ...heureusement!

Ceci dit j'ai du mal à comprendre qu'un drapeau blanc aurait tari l'honneur de ces combattant là ... il faut être un général pour croire ça!
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MessageSujet: Re: 7 Mai 1954 : La chute de DIEN BIEN PHU‏    11/5/2014, 11:57

Plutôt mourir pour l'honneur  que de se rendre , je suppose que c'est dans ce sens la ; le drapeau blanc étant un signe de rédition pire de soumission à l'ennemi .

Je ne suis général que dans mon foyer , mais pas question de drapeau blanc , jamais  rir2:
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MessageSujet: Re: 7 Mai 1954 : La chute de DIEN BIEN PHU‏    11/5/2014, 20:55

<<  Ceci dit j'ai du mal à comprendre qu'un drapeau blanc aurait tari l'honneur de ces combattant là  >>

Il y avait as mal d'Unitès Légion (enfin ce qu'il en restait) et chez nous, pas de drapeau blanc. On "fait Camerone" !!
MORE MAJORUM

Et des copains, non breveté para demandaient à sauter pour aller aider les copains même si ya pas d'espoir, surtout si y a pas d'espoir !! pour pas laisser les copains dans la merde !!et advienne que pourra.



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MessageSujet: Re: 7 Mai 1954 : La chute de DIEN BIEN PHU‏    12/5/2014, 02:50

Cher Briard
Oui je comprends parfaitement la solidarité des copains qui ne peuvent laisser les autres dans la merde...
Je comprends moins le propos d'un général!
Les premier sont solidaires...bravo
Le second est responsable de ses hommes, en sauver un est pour moi un honneur de chef !
A cet égard l'exemple de Cameron est grand:
"Soixante-deux soldats de la Légion, assiégés dans un bâtiment d'une hacienda du petit village de Camarón de Tejeda, résistèrent plus d'une journée à l'assaut de 2 000 soldats mexicains. À la fin de la journée, les six légionnaires encore en état de combattre, à court de munitions, se rendent à leurs adversaires à condition de garder leurs armes et de pouvoir secourir leurs camarades blessés."
Ils sortirent salués par l'ennemi pour leur bravoure...c'est mieux que les propos d'un général qui s'effraie de la reddition des quelques hommes qui restent debout quand plus rien n'est possible


Lysliane a écrit:
Je ne suis général que dans mon foyer , mais pas question de drapeau blanc , jamais rir2:
J'imagine la situation ...mais j'ai bien ri merci lol! 
("lol" c'est le drapeau blanc de l'humour!!)
GIBET

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